Le coronavirus pourrait être un tremplin pour la découverte d’une nouvelle génération de vaccins

L’urgence créée par l’épidémie est un terrain d’expérimentation pour des technologies prometteuses mais encore expérimentales.

Par Publié le 06 février 2020 à 04h07 - Mis à jour le 06 février 2020 à 17h16

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Arrivée de passagers en provenance de Wuhan, avant leur transfert en quarantaine sur une base militaire des Îles Natuna, à l’aéroport de Batam, en Indonésie, le 2 février.

Plus de 28 000 personnes infectées et 565 morts : malgré les mesures de quarantaine exceptionnelles prises par la Chine, le coronavirus gagne jour après jour du terrain. Alors que la crainte d’une pandémie gagne le monde, les scientifiques sont engagés dans une course contre la montre pour mettre au point un vaccin susceptible d’enrayer la propagation du 2019-nCoV.

La Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), qui finance des recherches dans le domaine des maladies infectieuses émergentes, a déjà débloqué 19 millions de dollars (17,3 millions d’euros) pour accélérer le développement de quatre vaccins. Tous ont été lancés par des « biotechs », ces start-up où les grands laboratoires ont pris l’habitude d’acheter leurs futurs médicaments.

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Technologies encore très expérimentales

L’urgence créée par l’épidémie de pneumonie à coronavirus pourrait bien représenter un tremplin pour des technologies très prometteuses, mais encore très expérimentales, comme le vaccin ARN.

Cette molécule, qui est le miroir de nos gènes, fait office de mode d’emploi pour les ribosomes, ces petites usines à protéines qui se trouvent dans nos cellules. S’inspirant de cet ARN naturel, les scientifiques sont aujourd’hui capables de synthétiser de l’ARN artificiel comportant des instructions supplémentaires pour nos cellules. L’objectif est de leur faire fabriquer un fragment bien précis d’un virus – qu’on appelle antigène – capable de déclencher une réaction immunitaire, avec la formation d’anticorps ciblés.

Cette technologie à l’avantage de la flexibilité : il suffit de quelques jours pour synthétiser des brins d’ARN, alors qu’il faut plusieurs semaines pour cultiver le virus – le plus souvent dans des œufs de poule – et isoler les antigènes utilisés dans les vaccins « classiques ».

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Plusieurs essais cliniques sont en cours pour déterminer l’innocuité et l’efficacité de ces nouveaux vaccins, mais aucun n’est à ce jour commercialisé. L’une des biotechs les plus avancées dans ce domaine est Moderna, installée à Cambridge (Massachusetts), près de Boston, sur la Côte est américaine. Cette start-up, fondée en 2010 et valorisée près de 7 milliards de dollars en Bourse, dispose d’un portfolio de cinq vaccins ARN préventifs qui ont fait l’objet d’essais dits de « phase I » pour évaluer leur innocuité et leur capacité à conférer une immunité.

Son « candidat vaccin » contre le nouveau coronavirus sera développé en partenariat avec le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), un des instituts de recherche du gouvernement américain. Les équipes se connaissent bien : elles collaborent depuis 2017 dans le domaine des coronavirus comme le SRAS et le MERS-CoV. « Ces travaux antérieurs nous ont permis de développer rapidement un candidat vaccin contre le 2019-nCoV », se félicite John Mascola, qui dirige le département vaccin du NIAID. Les technologies comme celle de Moderna « ont considérablement réduit le temps nécessaire à la mise au point de vaccins pour les premiers essais sur l’homme », ajoute-t-il.

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