L’application StopCovid est disponible au téléchargement sur iPhone et Android

Ce dispositif pour smartphone de suivi des cas contacts, développé sous l’impulsion du gouvernement, doit aider à prévenir toute reprise de la pandémie de Covid-19. Il est désormais disponible en France pour les iPhone et sous Android.

Par et Publié le 02 juin 2020 à 16h12 - Mis à jour le 02 juin 2020 à 18h30

Temps de Lecture 5 min.

Un aperçu de StopCovid à partir des images diffusées par le gouvernement, le 26 mai.

Après plusieurs semaines d’intenses débats et de développement au pas de charge, l’application gouvernementale StopCovid, destinée à prévenir la diffusion du Covid-19 en France grâce à l’identification de contacts rapprochés avec des personnes potentiellement contagieuses, est désormais accessible.

L’installation de StopCovid est possible pour les possesseurs de smartphones fonctionnant sous Android : l’application est disponible à cette adresse, dans le Play Store de Google. Elle est aussi disponible dans l’App Store d’Apple : les utilisateurs d’iPhone peuvent à la télécharger à cette adresse.

Attendu pour midi ce mardi 2 juin, le déploiement de StopCovid a connu plusieurs heures de retard en raison de « réglages » techniques qui restaient nécessaires avant son lancement, ont expliqué les équipes de développement en milieu de journée. Après avoir été déployée sur le Play Store dans l’après-midi, StopCovid a été rendue accessible sur l’App Store aux environs de 18 heures.

A lire sur le sujet : Faut-il ou non installer « StopCovid » ? Le débat résumé en une conversation SMS

Détection des cas contacts

Les parlementaires français avaient donné leur aval à ce déploiement lors d’un vote mercredi 27 mai. Concrètement, comme l’a fixé un décret en date du 29 mai, StopCovid permet à ses utilisateurs d’enregistrer le fait que leur smartphone s’est trouvé à proximité d’un autre smartphone également équipé de l’application, à moins d’un mètre de distance, pendant au moins quinze minutes.

Cette détection de proximité se fait grâce à la technologie Bluetooth, qui doit être activée sur les smartphones en question, en plus de l’application. Les informations échangées sont comparables à des pseudonymes : il s’agit d’une suite de chiffres correspondant à un utilisateur, et qui ne sont pas lisibles par un autre.

Dans certains cas, les applications doivent demeurer ouvertes et actives à l’écran de l’utilisateur pour que ce « contact » soit enregistré : c’est par exemple le cas pour que les applications tournant sur deux iPhone de deux personnes différentes puissent enregistrer mutuellement leur contact prolongé.

Si le possesseur d’un smartphone équipé de l’application est diagnostiqué positif au Covid-19, il doit le renseigner directement dans son application : un code fourni par les équipes médicales habilitées (une suite de caractères ou un code QR) lui sera remis pour cela. Il sera aussi invité à dire à partir de quand les symptômes de la maladie se sont déclenchés.

L’interface de StopCovid invitant à déclarer le fait d’avoir contracté le Covid-19, selon les captures d’écran diffusées par le gouvernement, mardi 26 mai.

Après cette manœuvre, une alerte s’affichera sur les téléphones de celles et ceux que le malade a côtoyés pendant au moins quinze minutes et à moins d’un mètre de distance, sur une période pouvant aller jusqu’aux deux dernières semaines avant enregistrement du diagnostic.

Exemple de notification envoyée par l’application StopCovid, selon les captures d’écran diffusées par le gouvernement français, mardi 26 mai.

StopCovid donnera alors à ces personnes les consignes de s’isoler et de contacter leur médecin : elles risquent, en effet, d’être elles aussi porteuses de la maladie – même si elles n’en ont pas encore les symptômes – et donc d’être contagieuses. Les personnes averties ne sauront pas, en revanche, qui est la personne initialement croisée lors des deux dernières semaines qui a été diagnostiquée positive au Covid-19.

Lire aussi Non, l’application StopCovid n’est pas installée « en douce » sur les téléphones

Pas d’objectifs chiffrés

« Dès les premiers téléchargements, l’application évite des contaminations », a assuré dimanche 31 mai dans une interview le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O, qui a largement porté ce projet ces dernières semaines. L’application a été développée par plusieurs entreprises françaises (Capgemini, Dassault Systèmes, Lunabee Studio, Orange, Withings) avec des organismes publics (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information, Inserm et Santé publique France), sous supervision à la fois du gouvernement et des équipes de recherches de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria).

Cédric O s’est refusé à donner un objectif de nombre d’installations de StopCovid dans les prochains jours, alors que la France entame, ce mardi 2 juin, la « phase 2 » du déconfinement. « On a besoin qu’un maximum de gens l’ait », a résumé le secrétaire d’Etat dimanche. Il a également parlé de l’application comme d’un nouveau « geste barrière » à adopter – et sur lequel le gouvernement entend largement communiquer.

Cédric O pose avec un smartphone équipé de l’application StopCovid vendredi 29 mai, sur le toit du ministère de l’économie.

« Ce qu’on vise d’abord, ce sont les personnes qui vivent dans les villes, parce que ce sont elles qui font circuler le virus », a précisé M. O, citant par exemple les Français « qui prennent les transports en commun, les personnes qui vont dans les restaurants ou qui vont dans les supermarchés aux heures de pointe ».

De nombreuses critiques ont visé le projet, tant au cours de son développement que lors des débats politiques et associatifs liés. Ses détracteurs reprochent à StopCovid de favoriser un pistage médical généralisé sur smartphone, potentiellement dangereux pour les libertés publiques, alors que le suivi des cas contacts est déjà mené indépendamment en France par les autorités médicales – grâce aux fichiers Sidep et Contact Covid.

Lire aussi StopCovid : qui est pour l’application de traçage, qui est contre et pourquoi

Le gouvernement a assuré, de son côté, que les « garanties » entourant cette application étaient suffisantes : StopCovid est « temporaire, d’installation volontaire, non identifiante et transparente », a plaidé la ministre de la justice, Nicole Belloubet, devant l’Assemblée, le 27 mai.

La CNIL, l’institution française qui se consacre à la protection des données personnelles des citoyens, avait rendu la veille un avis globalement positif sur le dispositif. Depuis plusieurs jours, des experts en sécurité informatique s’évertuent, en outre, à relever d’éventuelles failles de sécurité, pour les signaler aux équipes de développement du projet. Elles devront, le cas échéant, les réparer, et consigner ces corrections de manière publique dans le « Gitlab » du projet – qui permet de consulter, par ailleurs, le code source de StopCovid.

Un protocole « centralisé »

Des chercheurs, scientifiques et industriels ont également eu des différends en termes de conception de l’application : certains validant le protocole « centralisé » de recueil des données des utilisateurs, qui a été choisi et porté par l’Inria ; d’autres le contestant, et ayant défendu une approche « décentralisée », comme celle offerte par Apple et Google, qui se sont lancés dans la conception d’un protocole conjoint qui n’a finalement pas été retenu par la France.

Pour tout comprendre à ces débats, et vous pencher sur la manière dont cette application a vu le jour et fonctionne, nous vous invitons à lire notre dossier consacré à StopCovid, et plus précisément les articles ci-dessous publiés ces dernières semaines.

Les réponses à vos questions : « StopCovid n’arrêtera pas l’épidémie, mais cela peut être une partie de la solution »
Protection des données personnelles : La CNIL rend un avis globalement positif
Derniers tests et développements : Avant le débat à l’Assemblée, StopCovid est finalement « prête », déclare Cédric O
Le grand récit : StopCovid, une application de traçage passée en deux mois de l’idée dystopique à l’Assemblée
Écouter aussi Faut-il avoir peur de StopCovid, l’application de « tracing » voulue par le gouvernement ?

Selon Cédric O, l’application n’a pour l’instant coûté à l’Etat que le salaire des agents publics qui ont participé à son développement : les entreprises concernées ayant, de leur côté, participé au projet sans demander d’argent. Mais avec le déploiement de StopCovid auprès du public, « on va rentrer dans une période un peu plus normale », a prévenu Cédric O dimanche sur Radio J, puisqu’il faudra mettre à jour l’application, en vérifier le fonctionnement, ou encore l’héberger, pour un « coût [qui] ne dépassera pas plus de quelques centaines de milliers d’euros par mois ». Cet hébergement sera opéré par Outscale – une entreprise française fondée par Dassault Systèmes et certifiée par l’Anssi pour l’hébergement de données de santé, peut-on lire sur le site du gouvernement.

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