Coronavirus : en Europe, les applis de traçage divisent les Etats et ne convainquent pas les habitants

Si la plupart des pays ont opté pour une technologie Bluetooth, le clivage concernant le choix de l’architecture globale – centralisée ou pas – fait craindre une incompatibilité entre les différentes applications.

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Des soldats suisses installent une application de traçage développée par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, à Chamblon, le 30 avril.

Utiliser une application mobile pour enrayer un virus : l’idée n’existait pas il y a quelques mois à peine mais elle a fait, à la faveur de la pandémie de Covid-19, le tour de l’Europe. Aujourd’hui, rares sont les pays du continent qui n’ont pas étudié la possibilité de lancer une application de « suivi de contact » capable d’alerter les personnes côtoyées par les malades, en soutien aux équipes sanitaires censées casser les chaînes de contamination.

Une poignée de pays sont allés vite. C’est le cas de l’Autriche. Dès le 25 mars, la Stopp Corona-App développée par Croix-Rouge locale a permis d’enregistrer les contacts rapprochés par Bluetooth et de prévenir les utilisateurs en cas de dépistage positif de l’un d’eux. En Islande, Rakning C-19 enregistre régulièrement les déplacements des utilisateurs grâce au GPS. Si l’un d’entre eux est positif, il peut choisir de partager ses données avec les autorités sanitaires de l’île.

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Les Norvégiens peuvent, eux, télécharger l’application Smittestopp. Sur la base du volontariat, elle utilise le GPS pour suivre les déplacements des utilisateurs et le Bluetooth afin d’identifier les personnes côtoyées de près. Si l’une d’elles est positive au Covid-19, l’utilisateur reçoit un SMS. Pour le moment, cette fonction n’est testée que dans trois communes, avant un élargissement prévu à tout le pays.

La République tchèque a lancé, elle, début avril, un vaste programme de pistage. Outre une application de traçage des contacts par le Bluetooth, eRouska, les autorités en ont lancé une autre qui permet la géolocalisation par l’intermédiaire du populaire service local de cartographie Mapy.cz. Celle-ci permet d’établir des zones à risque de contamination, mais aussi aux épidémiologistes d’aider les malades, grâce à leurs historiques bancaire et téléphonique, à se remémorer avec qui ils ont pu être en contact.

Un modèle européen a émergé

Dans les quelques applications lancées et celles encore en développement, et à de rares exceptions, un modèle européen a émergé : celui d’une application n’utilisant pas de géolocalisation mais les ondes radio Bluetooth, pour détecter les téléphones se trouvant à proximité. Ce dispositif a le mérite d’être moins intrusif et donc compatible avec l’exigeant droit européen des données personnelles. Toutes les applications actuellement envisagées, testées ou déployées en Europe sont, de surcroît et à ce stade, d’usage facultatif. Rares sont cependant les pays où l’éventualité d’un suivi de la population – fût-il « anonyme » et respectueux du droit – n’a pas fait tiquer les défenseurs des libertés publiques.

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