MARIO WAGNER

StopCovid, une application de traçage passée en deux mois de l’idée dystopique à l’Assemblée

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Publié le 27 avril 2020 à 19h00 - Mis à jour le 28 avril 2020 à 10h47

Le 11 février, après avoir ravagé la ville chinoise de Wuhan, le nouveau coronavirus Sars-CoV-2 est aux portes de la ville de Hangzhou, 500 kilomètres plus à l’est. Ses habitants découvrent alors une nouvelle application pour leur téléphone. Conçue par le gouvernement et le géant de l’e-commerce Alibaba, elle affiche un code-barres vert. Si l’algorithme estime que la personne s’est déplacée dans une zone à risque ou a fréquenté de trop près un porteur du nouveau coronavirus, le code vire au jaune, voire au rouge. Et son utilisateur doit se confiner.

Cette application est adoptée par une centaine de villes chinoises et s’insère vite dans la panoplie des « moyens policiers » du pouvoir chinois. Vu du monde occidental, où le virus n’a pas encore tué, l’idée d’une application de pistage de la population a des airs de dystopie.

Deux mois ont passé, qui pourraient être deux siècles : mardi 28 avril, en France, l’Assemblée nationale s’apprête à voter sur le plan de déconfinement. Un projet qui comprendra, notamment, le principe de StopCovid, une application pour identifier les « cas contacts » des malades du Covid-19.

Lire aussi : Qu’est-ce que StopCovid, l’appli de traçage étudiée par le gouvernement ?

L’application française n’a pas grand-chose à voir avec son homologue chinoise en termes de fonctionnement et de garde-fous. Mais elle consiste tout de même à fixer dans la mémoire du téléphone l’intégralité des interactions de son porteur afin de l’avertir s’il a côtoyé un malade du Covid-19 et d’enrayer les chaînes épidémiques d’un virus qui se transmet avant les premiers symptômes.

Une idée propulsée par des chercheurs d’Oxford

Avec d’autres, Christophe Fraser a placé ces applications de traçage dans le débat public occidental. Ce chercheur à l’université d’Oxford s’est intéressé à l’évaluation mathématique de l’efficacité du « suivi de contact » lors de sa « première grande épidémie » − celle du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), en 2004. Quand arrivent les premières données sur ce nouveau coronavirus, il comprend qu’il peut se jouer du suivi de contact traditionnel : lorsqu’on se sait malade, on a déjà infecté deux voire trois de ses proches.

Plusieurs de ses collaborateurs lui parlent alors de cette étrange application chinoise qui semble être, en partie du moins, utilisée pour du contact tracing. « On a tout de suite “fait les maths et vu que c’était prometteur », se souvient le scientifique. Il avertit le gouvernement britannique et plusieurs collègues à travers l’Europe.

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