Voyage immobile à Istanbul

Publié le 29 juin 2020 à 18h00 - Mis à jour le 02 juillet 2020 à 15h12

Survoler le Bosphore

La place Sultanahmet, où se tutoient les six minarets de la Mosquée bleue et la basilique Sainte-Sophie, les trois ponts du Bosphore, la tour de Léandre, l’estuaire de la Corne d’or, les îles des Princes… Même déserte, Istanbul rayonne. On peut s’en émerveiller à distance grâce à Panorama Istanbul, lancé en mai par la mairie, pile au début du confinement turc. Avec des webcams placées à 28 endroits différents et de multiples photos à 360°, ce site permet de survoler la cité en temps réel de long en large, aux côtés des mouettes.

panorama.istanbul

Redécouvrir un amour mythique

En 1877, Pierre Loti, alors officier de la marine en mission à Istanbul, tombe amoureux d’Aziyadé, prisonnière d’un harem. Dix ans plus tard, il revient dans une ville qu’il ne reconnaît plus, à sa recherche. Mais d’elle ne reste plus qu’un tombeau. Cette histoire, l’écrivain la raconte dans Aziyadé et Fantôme d’Orient, deux récits réunis par Florient Azoulay et Xavier Gallais dans la pièce Le Fantôme d’Aziyadé. Un succès du dernier Festival « off » d’Avignon que l’on retrouve dans une version radiophonique, où le murmure de Xavier Gallais nous transporte en Orient, dans les pensées d’un homme seul. Une expérience intime bienvenue en cette période de restriction des théâtres.

« Le Fantôme d’Aziyadé », de Pierre Loti, cinq épisodes à écouter sur France culture.

Déguster un raki

Avec ses 45 degrés d’alcool, cette boisson à l’anis appelée « lait du lion » serait réservée aux plus robustes. Obtenu à partir de la distillation du ­raisin et aromatisé aux graines d’anis vert, le raki est indissociable de l’identité stambouliote. Sous l’Empire ottoman, on le consomme dans les meyhaneler, ces tavernes tenues par des Grecs et des Arméniens. Dans les restaurants d’aujourd’hui, le raki accompagne mezze et grillades. Pour le déguster, verser un tiers de raki et deux tiers d’eau très fraîche dans un verre haut transparent, en évitant les glaçons pour ne pas fausser le mélange. Les lions téméraires peuvent le tenter « sek ».

Tromper le mauvais œil

Sur une layette de nouveau-né, une robe de mariée, la dérive des avions, partout en Turquie, le nazar boncugu est apposé pour protéger du nazar (ce regard envieux responsable des pires malheurs). L’origine de cet œil bleu sur fond blanc et jaune remonterait à l’Antiquité égyptienne et à la légende d’Horus, le dieu à tête de faucon, fils d’Osiris. Arraché par Seth, brisé en six morceaux, il est devenu un symbole de protection pour les vivants et les morts. Le nazar boncugu tel qu’on le connaît coïncide surtout avec le développement d’un artisanat en verre dans les régions égéennes et méditerranéennes en 1500 av. J.-C.

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