Inde, Jaipur, palais flottant sur le lac
STEPHCO / PHOTONONSTOP

Cinq livres de voyage pour rêver à l’après

Par et

Publié le 21 mars 2020 à 23h30 - Mis à jour le 30 mars 2020 à 09h48

LA LISTE DE LA MATINALE

Pour lutter contre la propagation du coronavirus, nous sommes cloîtrés chez nous vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On a décidé de vous aider à vous échapper, mais dans vos pensées !

« Le Dictionnaire amoureux de l’Inde »

PLON

La réédition en poche du Dictionnaire amoureux de l’Inde, de Jean-Claude Carrière, tombe à point nommé. Puisque le voyage lui-même est provisoirement empêché, cet amour-là est précieux. De A comme Agra – où Jean-Claude Carrière nous guide vers le Taj Mahal, « la tombe la plus célèbre du monde » – à Y comme Yudhishthira (« De tous les personnages du Mahabharata, le plus proche de nous ») en passant par C comme cricket (le sport national venu d’Angleterre) ou R comme des itinéraires au Rajasthan, on zigzague entre les villes et les hommes, entre spiritualité et langues, entre réalité et légendes.

L’érudition, la joie et l’appétit qui se dégagent de ces pages sont enchanteurs. Jean-Claude Carrière avait 68 ans quand il a écrit ce chant d’amour aux Indiens. Il en a 88 aujourd’hui : la sagesse du Mahabharata conserve !

Dans sa préface, il prodigue quelques conseils à son lecteur, futur voyageur : « Qu’il n’aille pas en Inde pour n’aller nulle part. Qu’il accepte la foule, qu’il s’y mêle, qu’il s’y perde. Première condition de l’amour : le contact. » Pour mieux découvrir l’Inde quand ce sera à nouveau possible, ce Dictionnaire amoureux vaut tous les visas.

« Dictionnaire amoureux de l’Inde », de Jean-Claude Carrière (L’Abeille Plon, 528 pages, 13 €).
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« L’Italie buissonnière »

GRASSET

La longue promenade à laquelle nous invite Dominique Fernandez dans L’Italie buissonnière rend possible l’impossible : voir (ou revoir) depuis nos vies confinées la patrie de Goldoni, de Moravia et de Pasolini pour ce qu’elle est, un des plus beaux pays du monde.

Le périple commence en Sicile à Gibellina, ce village rasé par un tremblement de terre en janvier 1968, sur l’emplacement duquel se trouve « la plus grande sculpture du monde », l’œuvre monumentale d’Alberto Burri. Suivent Naples, puis l’Ombrie, Florence et Venise (où l’on dit ces jours-ci que l’eau des canaux est plus claire et que les poissons y frétillent à nouveau depuis que les touristes ont disparu) ! A Rome, Dominique Fernandez nous fait découvrir le « cimetière des a-catholiques » où repose le poète romantique anglais John Keats, mais aussi une centrale électrique et ses secrets.

Spécialiste du baroque et de l’Italie, à laquelle il a consacré un Dictionnaire amoureux, Dominique Fernandez raconte tel un véritable voyageur les routes, les rues et les piazzas traversées, les détails des églises ou des tableaux devant lesquels on ne s’arrête plus, et 1 000 histoires qui se rattachent aux paysages qu’il sillonne. Chaque étape est magnifiquement illustrée. L’esprit du lecteur s’envole sans effort vers l’Italie que nous retrouverons bientôt, plus belle encore que nous l’avions laissée.

« L’Italie buissonnière », de Dominique Fernandez (Grasset, 464 pages, 23 €).
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« Slow Train »… dans l’Hexagone

ARTHAUD

Parce que confinés, nous sommes contraints de prendre notre temps, on imagine de futurs voyages où là aussi, on restera en mode « slow ».

L’auteure, Juliette Labaronne est partie du principe que le « but n’est pas seulement le but, mais le chemin qui y conduit ». Après une longue collaboration pour une revue interne de la SNCF, elle est devenue « ferrovipathe ». Délaissant l’avion, et n’ayant pas de voiture, elle s’est lancée dans la rédaction de Slow Train, ouvrage à mi-chemin entre le guide et le livre de voyage. En tout, trente échappées ferroviaires dans l’Hexagone.

Tout y est : pour chaque destination, le temps de trajet, les étapes et leurs parcours incontournables, l’inévitable buffet de la gare, et des anecdotes cheminotes… Partez de Paris-Austerlitz, optez pour une halte à Limoges ou Brive-la-Gaillarde, voire Cahors avant d’arriver à Toulouse… Mieux qu’un vol Orly-Blagnac, non ?

« Slow Train », de Juliette Labaronne (Arthaud, 2019).

« L’Aventure à moto », au fil des Amériques

GUIDES BLEUS

Ce road-trip est un peu l’aventure d’une vie : de Brooklyn jusqu’à la Patagonie, l’auteur, Matias Corea, photographe d’origine argentine mais élevé à Barcelone, part, à moto, avec un ami d’enfance à la découverte de ses racines à la suite du décès de sa sœur.

Cette dure épreuve est à l’origine d’un périple de six mois, à travers treize pays. Une randonnée de 32 000 km à moto qui ne s’adresse pas qu’aux motards, même si l’ouvrage ne néglige ni la partie technique ni la pointilleuse préparation.

Richement illustré, le livre nous conduit à la découverte des Amériques, jusqu’à Ushuaia. Tout y est remarquablement relaté : depuis la jungle de Lanquin aux Cuchumatanes au Guatemala, aux cols des Andes péruviennes en passant par les étendues magiques et désolées du désert de sel d’Uyuni en Bolivie.

Un récit qui partage non seulement le parcours mais aussi les rencontres, les découvertes, les errances, les coups durs, les moments de solitude, comme une leçon de vie. Que l’on ait envie ou non de faire concrètement ce périple, ce livrer se savoure également, bien calé dans un fauteuil, si la selle de moto nous effraie un peu ! Une belle route de 168 jours à suivre, étape par étape, beaucoup plus longue – a priori – qu’une quarantaine.

« L’Aventure à moto », de Matias Corea (Hachette Guides Bleus/Gestalten, 2019).
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« La Vie simple », à la rencontre des gens du monde

FIRST

Avant de rejoindre l’équipe des animateurs d’Echappées belles sur France 5, Ismael Khelifa était guide naturaliste dans les régions polaires. Au cours de ses voyages, il a eu l’occasion de rencontrer des « êtres humains magnifiques » comme il le dit.

Des personnalités incroyables comme Sidi, ce guide mauritanien qui l’accompagne dans le désert de l’Adrar, qui a fait le choix de revenir dans son pays après un exil en France… Ou comme Siviwe, croisé au Cap, en Afrique du Sud, qui a passé une partie de sa vie dans le township de Langa, en périphérie de cette grande ville en bord d’océan. Siviwe y a créé avec Isabella, sa compagne, une association nommée Happy Feet Youth Project, dont le but est de venir en aide aux jeunes de Langa par la danse.

La Vie simple est à la fois un livre de voyages, de rencontres et de réflexions sur le voyage, qui nous pousse, aujourd’hui plus que jamais, à nous poser les bonnes questions sur notre rapport à l’autre. De la France à l’Antarctique, en passant par le Sinaï, la Mauritanie ou la Polynésie, il vous propose de partir à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui ne sont ni des sages ni des gourous, simplement des êtres inspirants et généreux.

« La Vie simple », d’Ismael Khelifa (First, 2019). Profitez de réductions sur les livres audio Audible.

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