Cinq visites au cœur du « made in France »

Envie de voir de près la fabrication d’un paquebot, d’un avion-cargo ou d’un roquefort ? Poussez la porte de l’une des 2 000 entreprises françaises ouvertes aux « touristes ». Une autre manière de voir du pays.

Par Publié le 16 octobre 2016 à 07h40 - Mis à jour le 26 juillet 2018 à 15h34

Temps de Lecture 5 min.

Succès du « made in France » ? Envie de comprendre comment ça marche ? Savoir-faire et faire savoir ? Le tourisme industriel et ses sites attirent de plus en plus de visiteurs. En 2014, près de 13 millions de visiteurs ont poussé les portes de quelque 2 000 entreprises hexagonales selon l’Agence de développement de la visite d’entreprise (Adeve). Un chiffre qui ne cessera de croître, pronostique Cécile Pierre, déléguée générale de l’Adeve, car c’est une façon différente de découvrir notre territoire par le prisme des hommes et de leurs métiers…

A noter que l’Adeve a été le partenaire choisi par le Guide du routard pour réaliser cette année Le Guide de la visite d’entreprise (Hachette, 258 pages, 10 euros), qui recense quelque 400 sociétés en France ouvertes au public.

PÉNÉTRER LES COULISSES D’UN CHANTIER NAVAL À SAINT-NAZAIRE

La visite « Géants des mers » permet d’approcher les plus grands paquebots du monde.

On ne sait pas encore s’ils seront revendus à la Chine ou rachetés par la France. Mais pendant la vente, les visites continuent. Les chantiers naval STX France à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) constituent une véritable ville-usine de 110 hectares dont un cinquième est consacré essentiellement aux ateliers. Les salariés s’y déplacent à vélo et les rues s’appellent France ou Batillus, du nom des navires sortis des ateliers. La visite s’effectue en car, avec quelques sorties à pied.

Il est trop tard pour voir le Harmony of the Seas, qui a quitté le chantier le 15 mai, mais on peut toujours admirer le MSC Meraviglia, un géant de 315 mètres de long et 43 mètres de large qui devrait prendre la mer au printemps 2017.

Deux types de visite – toutes sur réservation – sont proposés pour 13 euros par personne : « Chantier naval », assez généraliste (deux heures) ; « Géants des mers », plus orientée grands paquebots (une heure trente). Une préférence pour cette dernière qui peut être combinée avec la visite d’Escal’Atlantic (environ deux heures) pour 20 euros, un espace muséal incroyable sur l’univers des paquebots mythiques comme le France ou le Normandie.

Saint-nazaire-tourisme.com et 02-28-540-640.

PLONGER DANS LES CAVES DE ROQUEFORT

Visite en sous-sol (et dans le froid) des plus vieilles caves où se fabrique le fameux fromage.

Plus de la moitié des entreprises ouvertes à la visite en France appartiennent au secteur agroalimentaire. Près de 1 300 sociétés fabriquent et – très souvent – vendent des biscuits, de l’huile, des fromages, des friandises, du vin, ou de l’alcool, avec des marges tout à fait raisonnables puisque toutes les étapes de la distribution sont ainsi « court-circuitées ». Ne jamais s’étonner donc si le dernier maillon de la chaîne de visite est… la boutique ! Roquefort Société n’échappe pas à cette pseudo-règle, mais on joue facilement le jeu.

Il faut compter environ une heure pour visiter la totalité des animations : maquette, salle de cinéma, la célèbre cave Reynes, la plus ancienne du site, la fabrication, la culture de souche de Penicillium roqueforti, le champignon sans lequel il n’y aurait pas de roquefort… Le prix d’accès est abordable, 5 euros par personne. Une recommandation importante : il faut bien se couvrir car ce sont de véritables caves. En saison, jusqu’à la fin septembre, il est même possible de déjeuner à La Cave des saveurs.

Visite-roquefort-societe.com

SE SENTIR PETIT AU PIED D’UN A380 À TOULOUSE

Des halls d’assemblage aussi grands que 12 terrains de football...

Pour les passionnés d’aviation, Toulouse est le spot incontournable. C’est, en effet, excusez du peu, le plus grand site aéronautique d’Europe. Pas moins de 700 hectares occupés par Airbus sur six sites dans et en dehors de la ville.

Mais au-delà des passionnés, qui n’a jamais été curieux de voir le montage d’un d’avion ? Ce qui frappe le plus, c’est le hall d’assemblage de l’A380 : un écrin gigantesque pour le géant des airs. Sa dimension est impressionnante : 490 mètres de long, 250 mètres de large et 46 mètres de haut, soit la hauteur de l’Arc de triomphe. Pour bien se le représenter, imaginez une douzaine de terrains de football.

La visite « Airbus découverte » prévoit notamment un tour extérieur du site Jean-Luc Lagardère et la visite du fameux hall d’assemblage d’où l’on voit, depuis un belvédère, les avions en phase d’essai (15,50 euros par personne). On peut coupler cette visite avec celle du Musée Aeroscopia (23 euros en tout), ouvert en 2015 et qui accueille quelques avions de légende comme le Concorde (en deux exemplaires), bien sûr, mais aussi le Super Guppy, l’ancêtre de l’Airbus Beluga, l’un des plus gros avions-cargos du monde.

Manatour.fr

TISSER DES LIENS DANS UNE MANUFACTURE D’ÉPINGLES DANS L’ORNE

L’usine vieille de 180 ans a été classée aux Monuments historiques.

Du très grand au très petit, du très technologique au très ancien. A Saint-Sulpice-sur-Risle, dans l’Orne, depuis plus de cent quatre-vingts ans, la Manufacture Bohin, inscrite aux Monuments historiques, perpétue la tradition épinglière et aiguillière.

Située dans le pays d’Ouche, cette usine – on ne peut plus spécialisée – a bien failli mourir… Il faut l’admettre, on tire moins l’aiguille qu’avant et l’on rachète plus que l’on ne ravaude. En conséquence, au début des années 1990, la manufacture dépose son bilan après être restée pendant cinq générations aux mains de la famille Bohin. Mais c’était compter sans la volonté d’un ancien salarié, Didier Vrac, qui en 1997 a racheté l’usine et imaginé d’ouvrir ce patrimoine à la visite.

Si elle a été à la pointe du progrès pendant de nombreuses années, l’usine est devenue aujourd’hui une vitrine du savoir-faire français, certaines machines datant du XIXe siècle et d’autres des années 1930… Une particularité : contrairement à des sites plus technologiques et plus sensibles, ici la visite est libre et l’échange avec les salariés est même possible et encouragé.

A partir de 10,90 € (atelier, musée et, éventuellement, exposition temporaire). Lamanufacturebohin.fr

HUMER LE HOUBLON DANS UNE BRASSERIE À PANTIN

La fabrication de la bière Gallia a été relancée par deux trentenaires en 2009.

La brasserie Gallia à Pantin, en Seine-Saint-Denis, illustre le renouveau brassicole que connaissent actuellement la capitale et la banlieue parisienne. Difficile de compter aujourd’hui le nombre exact de brasseries et de microbrasseries qui ont ouvert leurs portes ces dernières années.

Depuis 1890 jusqu’à la seconde guerre mondiale, la Gallia était sur toutes les lèvres… Puis lentement, elle déclina, jusqu’à finalement s’assécher complètement en 1969. C’est en 2009, sous l’impulsion de deux jeunes trentenaires, Jacques Ferté et Guillaume Roy, fraîchement sortis de leur école de commerce, qu’elle a repris des couleurs avec l’accord de l’un des descendants de la marque.

Brassée d’abord en République tchèque, puis en Normandie, la bière est désormais élaborée à Pantin. Ce sont aujourd’hui six bières qui sortent de leur entrepôt sous l’œil attentif de Simon Hicheur, le maître brasseur. Quelques dégustations sont organisées, notamment les 4 novembre et le 2 décembre. Dès 2017, ces visites devraient être généralisées tout au long de l’année.

Inscriptions : Tourisme93.com/visites

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