Donjons et catapultes : six villages pour plonger dans le Moyen Age

Envie d’échapper au réel ? A Pérouges, Autoire ou Locronan, la machine à remonter le temps est programmée sur l’ère médiévale. Le plein de châteaux forts, ruelles pavées, et jolies adresses.

Par Publié le 03 juin 2016 à 12h01 - Mis à jour le 06 juin 2016 à 13h24

Temps de Lecture 6 min.

Locronan, la cinégénique (Finistère)

Un village de granit, comme un décor de cinéma.

Ici, ni feu rouge, ni abribus, ni voiture… Même les lignes électriques ont été enterrées. Locronan, avec ses maisons en granit bleuté, est comme figé dans le temps. Pas étonnant que cette cité de caractère, classée au titre des Monuments historiques depuis 1924, soit devenue un lieu de tournage de cinéma. Tess de Roman Polanski (1979), Chouans de Philippe de Broca (1987), Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet (2004). Pour ajouter au côté authentique du village, les boutiques sont signalées par des panneaux à l’ancienne ; les ruelles continuent d’être chéries par artistes et artisans (verriers, potiers, peintres, etc.). Ne pas manquer la très belle église millénaire de Saint-Ronan, ni le marché aux étoiles, tous les jeudis soirs en été. La rue s’anime alors, entre cracheurs de feu et promenades en calèche.

Deux hôtels : Latitude Ouest, à 2 km du centre historique de Locronan, dans un parc de trois hectares. A partir de 72 euros. www.latitudeouest.fr ; La Maison des Glazicks, située à 11 km, au nord de Locronan, plutôt haut de gamme, décoration contemporaine. A partir de 160 euros. www.aubergedesglazick.com

Un restaurant : le Comptoir des voyageurs, sur la place de l’Eglise, propose une cuisine gastronomique avec un bon rapport qualité/prix. www.comptoir-des-voyageurs.fr.

Pérouges, la ressuscitée (Ain)

La visite de nuit de la ville donne des frissons...

A la lueur des flambeaux, on longe les remparts de la ville. Des ombres se dessinent sur les pierres blondes et les pavés, la guide évoque des histoires de sorcellerie, de mort et de fantômes. Les visites théâtrales nocturnes de Pérouges ont le mérite de mettre dans l’ambiance. Difficile d’imaginer que ce très beau village des abords de Lyon, riche de mille ans d’histoire, a failli mourir. Au début du XXe  siècle, Pérouges ne compte pas plus de quelques familles. Les maisons tombent en ruine. Il faudra toute l’énergie d’un artisan du village, Francisque Thibaut, aidé de son fils Anthelme, pour mobiliser les pouvoirs publics. En 1911, un Comité de défense et de conservation du Vieux Pérouges est créé et le village sauvé. En journée, on s’installe place du Tilleul pour boire un cerdon (mousseux rosé de la région) et goûter à la spécialité de la cité, la galette au sucre.

Un hôtel : Hostellerie du Vieux Pérouges, tenue par Christophe et Laurence Thibaut, les enfants d’Anthelme, toujours impliqués dans la sauvegarde du village. Une trentaine de chambres en tout, installées dans quatre maisons, à partir d’une centaine d’euros. La maison fait également restaurant et salon de thé. www.hostelleriedeperouges.com

Deux maisons d’hôtes : Casa la signora di Perugia, www.casaperugia.com, et Le Grenier à sel, à partir de 75 euros, www.hebergement-perouges.fr

Un restaurant : L’Auberge du Coq, des menus complets à partir de 17,90 euros jusqu’à 39 euros. aubergeducoqperoug.wix.com/aubergeducoq

Collonges-la-Rouge, la belle vermeil (Corrèze)

La tour de Friac, à Collonges-la-Rouge.

Rouge, à tel point qu’on la surnomme le rubis de la vallée de la Dordogne… Rouge surtout, grâce au grès abondant dans la région, dont la majorité des maisons sont faites. Son autre surnom : la cité aux 25 tours. Pourquoi tant de tourelles et de belles demeures ? Parce que la ville de Collonges appartenait à la Vicomté de Turenne, et était donc indépendante du Royaume de France – une monnaie propre, et pas d’impôts ! Collonges attira donc, très logiquement, une noblesse fortunée qui ne manqua pas de laisser un riche patrimoine immobilier. Abandonnée par ses habitants au XIXsiècle, c’est, comme à Pérouges, une initiative individuelle qui a permis dès 1927 de procéder au sauvetage de la cité et à sa restauration.

Un hôtel : au cœur du village, Le Relais Saint-Jacques de Compostelle offre une dizaine de chambres, à partir de 63 euros la nuit. www.hotel-stjacques.com

Une maison d’hôtes : à 5 km de Collonges, à Meyssac, le Château de Marsac propose quatre chambres d’hôtes à partir de 140 euros la nuit pour deux. www.gitesdefrance.com

Un restaurant gastronomique : l’Auberge de Benges, située en bas du village. Le maître restaurateur Christophe Chanel cuisine les produits du terroir. Menus : de 19 à 39 euros. www.aubergedebenges.com

Saint-Guilhem-le-Désert, la mystique (Hérault)

L’abbaye de Gellone, perchée sur les hauteurs de Saint-Guilhem-le-Désert.

Qui veut visiter Saint-Guilhem doit se lever tôt, car ce village niché en bordure des gorges de l’Hérault, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Montpellier, accueille près de 700 000 touristes… pour les quelque 350 âmes qui y vivent à l’année. Les ruelles sont proprettes, un peu trop, les magasins, touristiques. Mais la place de la Liberté et sa jolie fontaine, alimentée par le Verdus, qui traverse le village, donne envie de s’y arrêter. L’apothéose de la visite reste l’Abbaye Saint-Sauveur de Gellone, abbatiale bénédictine fondée par Saint-Guilhem en 804 et classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais on n’y verra qu’une très belle église du XIe siècle, les colonnes et les sculptures de l’Abbaye se trouvant… au Cloisters Museum de New York. On grimpe jusqu’aux ruines du Château du Géant, édifice du XIIe siècle. Si l’accès en est interdit pour des raisons de sécurité, le chemin de randonnée qui y mène offre un très beau panorama sur la vallée de l’Hérault.

Un hôtel : à Saint-Guilhem même, l’hôtel Le Guilhaume d’Orange à l’entrée du village, au-dessus des gorges de l’Hérault. Dix chambres entre 73 et 104 euros. www.guilhaumedorange.com

Deux maisons d’hôtes : Le Mimosa, à Saint-Saturnin de Lucian (13 kilomètrres de Saint-Guilhem), cinq chambres entre 68 et 95 euros. www.le-mimosa.com

A Gignac, à 16 kilomètres de Saint-Guilhem, le Domaine de Pélican, un domaine viticole qui propose six chambres aux alentours de 85 euros. www.domainedepelican.fr

Des tentes bulles : sans un style très différent, les bulles de l’Astronarium à l’observatoire astronomique d’Aniane à 8 kilomètres du village. A partir de 99 euros la nuit. www.astronarium.fr

Un restaurant : la Terrasse du Mimosa à Montpeyroux. www.terrassedumimosa.fr

Autoire, la star du cirque (Lot)

La cascade du cirque d’Autoire.

A 40 kilomètres de Collonges-la-Rouge, entre Gramat et Saint-Céré, Autoire fait partie du cercle très fermé des « Plus beaux villages de France ». On tombe rapidement sous le charme des toits bruns de la cité, de ses pigeonniers carrés entièrement restaurés et des magnifiques maisons à tourelles et colombages, héritages d’un passé de villégiature. Un détour par l’impressionnante cascade du cirque d’Autoire, de trente mètres de haut, et son belvédère. Pour faire frissonner les enfants, on rappelle que le village a été un repaire de brigands, et on grimpe jusqu’au château des Anglais, pour une leçon d’histoire grandeur nature sur la Guerre de Cent ans.

Un hôtel : l’Auberge de la Fontaine. Neuf chambres logées dans une bâtisse rénovée du XVIIIe siècle, à partir de 59 euros. Restauration qui fait la part belle aux producteurs locaux. Menus de 21,80 euros à 28 euros. www.auberge-de-la-fontaine.com

Une maison d’hôtes : Aux Volets blancs à Gramat, très belle chambre et table d’hôtes à une dizaine de minutes d’Autoire, avec un bel accueil et des prix plus que raisonnables. www.auxvoletsblancs.fr

Un restaurant : le restaurant de l’Hôtel du Château à Alvignac. Plusieurs formules à partir d’une vingtaine d’euros. www.hotelduchateaualvignac.fr

Un plus : pour les amateurs de champignons, ne manquez pas d’aller voir les Jardins d’Eini à Autoire. www.lesjardinsdeini.com

Conques, le joyau perché (Aveyron)

A l’Abbatiale de Conques, les vitraux modernes de Soulages ont fait couler beaucoup d’encre...

Comme souvent les joyaux, Conques se cache. Et plutôt bien. Nichée au creux d’une pente de la vallée de l’Ouche, cette étape incontournable sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, s’offre à vous au dernier moment, une fois laissée la voiture sur l’une des nombreuses places de parking. Reste à suivre le flot de touristes et de pèlerins, qui se dirigent presque tous vers l’Abbatiale Sainte-Foy, située au centre du village. Le tympan de la façade principale, daté du XIIe siècle, représente le Jugement dernier inspiré de l’Evangile selon Saint Matthieu. Cent vingt-quatre personnages qui témoignent de l’extraordinaire maîtrise du travail de la pierre. Les vitraux abstraits créés par Pierre Soulages en 1994 créent un contraste saisissant. Ne pas manquer, de mai à septembre, la visite nocturne des tribunes, à 21 h 30.

Deux maisons d’hôtes : le Domaine de Combelong d’Hervé Brusset, à la sortie de Conques, route de Rodez, huit chambres design et une suite, de 150 à 270 euros. Hervé Brusset, une étoile au Michelin, propose un menu dégustation de neuf plats pour 105 euros. www.moulindecambelong.com ; Le Ponsonnet, chambre d’hôtes à Saint-Cyprien-sur-Dourdou, à 7 kilomètres de Conques. Trois chambres à partir de 110 euros la nuit. www.leponsonnet.com

Un centre d’accueil des pélerins : le centre d’accueil de l’Abbaye Sainte-Foy, bon marché : de 23 à 30 euros pour une chambre à une lit. www.mondaye.com

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