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Perche, le paradis vert

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Publié le 05 juin 2020 à 14h18 - Mis à jour le 12 juin 2020 à 06h31

Il faut imaginer à la fois une enclave, une marge et une annexe parisienne. Extrême sud de la Normandie, mais aussi frontière nord-ouest des Pays de la Loire, le Perche n’est pas un département, n’a pas de capitale – Mortagne-au-Perche, dans l’Orne, et Nogent-le-Rotrou, en Eure-et-Loir, se disputent ce titre de gloire –, est mal desservi par le train et ne compte aucun monument ou site d’exception. Dans le monde du tourisme de masse, son potentiel était proche de zéro. Et pourtant ! Ces collines alternativement forestières et agricoles, bucoliques à souhait, sont depuis plus de vingt ans le paradis des « accourus », des Parisiens aisés ou pas, en mal de verdure, attirés justement par la tranquillité d’une campagne à deux heures de la capitale où il n’y a rien à faire à part se balader, boire et manger.

« Nous hésitions avec la Bourgogne, et ce sont finalement des liens d’amitié et des relations qui nous ont fait pencher en faveur du Perche », explique Rachel Bouchon, fondatrice en 2014 d’Atelier Amour, une marque de lingerie. Après une première maison de village, elle achète en 2018 avec son compagnon une bâtisse de 400 m2 sur 2 hectares : « Nous avons vendu mes 58 m2 à Paris, et il nous est resté de l’argent. » L’absurdité des tarifs de l’immobilier dans la capitale fait le bonheur dans les prés.

A Mortagne-au-Perche, la ville natale du philosophe Alain (statue à gauche).

Qu’ils viennent pour des week-ends dans un gîte, dans leur résidence secondaire ou qu’ils soient devenus Percherons à plein temps, ces Parisiens se retrouvent avec la régularité du métronome au marché de Mortagne-au-Perche, place Notre-Dame, tous les samedis matins. Les producteurs locaux, maraîchers, fromagers et éleveurs, y nourrissent les estomacs et le babil des clients alimente le téléphone arabe local, entre vernissage d’une exposition et journée porte ouverte d’un jardin.

On s’y échange les bonnes adresses, et notamment celles où trouver le meilleur boudin, la spécialité de Mortagne. Trois maisons tiennent la corde, sans ordre d’arrivée : la charcuterie Defrocourt, rue du Colonel-Guérin ; le bien nommé Au Roi du Boudin, place du Général-de-Gaulle et sur le marché du samedi le camion de la boucherie Doudard, qui vient de L’Aigle.

Mortagne forme avec Bellême et Rémalard le « triangle d’or », car dans le Perche être au-dessus de la nationale 12 ou à Nogent-le-Rotrou tient de la faute de goût aux yeux des amoureux de la vallée de l’Huisne, de Boissy-Maugis ou de Nocé. C’est là qu’on trouve le beau manoir de Courboyer, où s’est installée la maison du parc naturel régional du Perche. La mode des manoirs date de la Renaissance dans la région. Une centaine a traversé les siècles, mais peu d’entre eux sont ouverts à la visite, même si c’est le cas de la Seigneurie d’Alleray, ou encore du merveilleux petit manoir de Vauvineux, à Pervenchères, qui se laisse découvrir gratuitement en été, de l’extérieur.

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