Le chant du cygne des petites (voitures) italiennes

Face aux nouvelles normes environnementales, la Fiat 500 et la Panda sont désormais disponibles en version hybride. Un dernier sursaut, avant de laisser la place aux modèles 100 % électriques.

Par Publié le 18 février 2020 à 11h36

Temps de Lecture 4 min.

La Panda édition spéciale Trussardi.
La Panda édition spéciale Trussardi. Guido De Bortoli / Getty Images for FCA

Hormis la ronde habituelle des séries limitées et des nouveaux coloris, il ne se passait pas grand-chose du côté de la Fiat 500. La petite turinoise, réincarnée en 2007 avec le succès que l’on sait (2,2 millions d’exemplaires vendus), ronronnait tranquillement sans que cela nuise à sa diffusion, stable, autour de 180 000 unités par an. Malgré le poids des ans, son charme continuait à opérer.

Mais la capacité de séduction d’une automobile ne peut rien face aux nouvelles règles environnementales. L’entrée en vigueur, dès cette année, du nouveau mode de calcul de la consommation imposé après le Dieselgate et les dernières exigences en matière d’émission de CO2 ont sorti la 500 de sa douce torpeur. Priée de mettre sa mécanique au goût du jour, la Cinquecento – mais aussi son alter ego la Panda dans sa version baroudeuse City Cross – reçoit un nouveau trois-cylindres essence FireFly d’un litre développant 70 ch et, surtout, un système de micro-hybridation.

Des défauts patents

D’une extrémité à l’autre du spectre automobile, l’ajout d’un moteur électrique d’appoint est devenu la recette miracle, celle qui permettra de se mettre à l’abri des foudres européennes et des lourdes pénalités afférentes. Les deux petites Fiat ont droit à un alterno-démarreur fonctionnant sous une tension de 12 volts, relié à une batterie développant une puissance maximale de 3,6 kW. Cette micro-hybridation, qui récupère et stocke l’énergie au freinage, ne permet pas de faire fonctionner la voiture en mode tout-électrique, même sur une courte distance. En revanche, elle limite sa consommation de carburant dans des proportions non négligeables, même si le gain de 20 % à 30 % évoqué par le constructeur paraît particulièrement optimiste.

Ce premier acte de foi dans l’électrification est d’autant plus bienvenu que le constructeur italien a pris beaucoup de retard dans la préparation du grand virage vers la voiture (plus) propre. En France, la moyenne de ses émissions de CO2 au kilomètre atteignait, l’an passé, un seuil de 122 g, comparable à celui de… BMW. Comme ses propres efforts ne suffiront pas, Fiat a négocié un accord, contre rétribution, avec Tesla pour intégrer en 2020 les immatriculations de la marque américaine de voitures électriques dans le calcul total de ses émissions de dioxyde de carbone.

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L’hybridation légère ne modifie pas les sensations que l’on éprouve au volant de la Fiat 500, toujours aussi peu à son affaire sur route et autoroute, malgré la présence d’un moteur thermique inédit. Sur ce nouveau modèle, le conducteur ne pourra pas disposer d’une transmission automatique et devra faire avec une boîte manuelle un peu lente, à la commande légèrement rugueuse. C’est entendu, la 500 reste une voiture charmante, à la présentation épatante et aux rondeurs toujours aussi empathiques, mais elle commence à faire son âge et ses défauts deviennent de plus en plus patents. Ou, ce qui revient au même, l’on est moins disposé à les passer par pertes et profits. La rudesse des suspensions, la direction floue, le manque de mordant du freinage, la position de conduite peu commode, tout cela raconte une voiture qui, en treize ans de carrière, n’a eu droit qu’à des remises à niveau à doses homéopathiques. Paradoxalement, la Panda dont la 500 est étroitement dérivée semble moins accuser le poids des ans. Plus confortable et homogène, elle conserve sa ligne avenante et n’est pas loin d’être plus agréable à conduire.

Grossir pour ne pas mourir

Cette hybridation a minima qui permet, selon le constructeur, d’abaisser les émissions de CO2 à 89 g au kilomètre (selon le mode de calcul actuel, sensiblement plus optimiste que celui qui entrera en vigueur en mars), va requinquer les deux petites Fiat. Celles-ci seront, à court terme, équipées en série d’un petit moteur électrique et d’une batterie supplémentaire. La 500 et la Panda City Cross électrifiées sont facturées respectivement
14 990 euros et 13 990 euros, soit un supplément de 1 000 euros. Une somme, relativement modeste en valeur absolue mais pas en valeur relative, qui vient confirmer que l’indispensable électrification va renchérir le prix des voitures, surtout celui des moins chères. Cette lame de fond va ainsi sonner le glas des modèles urbains conventionnels, segment peu rentable pour les constructeurs et dont les ventes sont en recul partout en Europe depuis des années. Il ne fait dès lors plus de doute que l’avenir des mini-citadines passe par les motorisations tout électriques. Smart et Honda ont déjà sauté le pas, et Renault lancera dans les prochains mois une Twingo « zéro émission ».

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Dans ces conditions, l’opération de micro-hybridation de la 500 et de la Panda ressemble à un chant du cygne. Les petites italiennes, en effet, sont à la veille de subir une mutation de grande ampleur. Le 3 mars, Fiat dévoilera, au salon de Genève, une 500 électrique conçue sur une plate-forme spécifique et qui incarnera l’avenir de ce modèle emblématique. Un peu plus tard, une Panda répondant au même cahier des charges fera son apparition. La stratégie de la firme de Turin va consister à laisser les actuelles versions thermiques de ses petits modèles mourir de leur belle mort, pour mieux les relancer sur le segment supérieur, celui de la Clio et de la défunte Punto abandonnée à son triste sort et dont la production a cessé en 2018.
A l’avenir, les Fiat 500 et Panda hybrides vont grossir pour devenir des voitures moins à l’aise en ville mais plus polyvalentes. D’où l’intérêt que représente pour Fiat l’union avec PSA qui apportera, entre autres, dans la corbeille de mariage la plate-forme de la Peugeot 208. Une base immédiatement disponible pour permettre à la future Cinquecento de se remettre dans le sens de l’histoire.

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