S’aimer comme on se confine : « Je lui propose de renouer. Il ne peut pas. Il est marié, chargé de famille »

L’amour les rapproche alors même qu’ils ne peuvent pas se rencontrer physiquement, en pleine pandémie due au coronavirus ; ils nous racontent leur histoire confinée. Cette semaine, Schouss, 57 ans, consultante en ressources humaines, témoigne.

Publié le 29 mai 2020 à 18h30 Temps de Lecture 3 min.

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Amours confinés

Eprise de liberté, il aura fallu, lors du commencement de ma vie d’adulte, mettre un océan entre moi et mes parents. Direction : les Etats-Unis. Ces cinq années de découverte de cet immense pays, dont deux années de relation amoureuse fusionnelle avec MF, auront été insouciantes, joyeuses et merveilleuses.

Nous étions deux Français s’étant rencontrés à New York. Ensemble, nous étions heureux et avides de découvrir une autre culture, un autre mode de vie et surtout ces espaces immenses, magnifiques, entre nature et urbanisme. Tous les Etats d’Amérique ont été visités (sauf six !) sur le tempo voyage, sexe et sensualité, même si les convictions religieuses (catholiques) tourmentaient par moments mon amoureux.

De retour en France à l’âge de 30 ans, je souhaitais m’engager pour la vie avec lui car notre entente était parfaite, sur tous les plans. Il en a été autrement pour lui. Pression familiale, statut social, religion… La devise « travail, famille, patrie » a repris la main sur notre liberté. J’ai rompu quelques mois après, dévastée et ne supportant pas que notre relation amoureuse s’étiole ainsi. De retour chez mes parents, sans travail, j’étais désespérément seule après une vie trépidante américaine et à deux.

Un an après, MF revenait vers moi, très amoureux. Il me harcelait pour que je revienne, mais dans une confusion telle que j’ai fini par douter du possible avenir de notre couple. Peut-être aussi trop d’orgueil et d’impatience de ma part. Je ne comprenais pas que l’on puisse aimer, ne plus aimer et aimer encore jusqu’à l’engagement ultime : le mariage. Pour l’oublier, je me suis mariée avec un autre apparemment plus mûr, très vite, trop vite. J’ai finalement divorcé.

Mars 2020 : Confinement planétaire. Je reçois un message par LinkedIn : MF is back… Il m’appelle quelques minutes après l’acceptation de l’invitation sur le réseau. Après vingt-cinq ans de silence, nos échanges réguliers, sans tabous et sans filtre, me bouleversent. Il veut tout savoir. Pas sur mon parcours professionnel, mais sur ma vie amoureuse et sexuelle. Nous nous faisons vibrer amoureusement et sexuellement pendant des heures au téléphone. Nous sommes toujours tellement en phase sur tous les sujets. Nous ne le savions pas assez. La vie nous a appris que c’est rare.

Nous sommes émerveillés l’un par l’autre, comme avant. Il me déverse sa vie, sa désolation après notre rupture. Il me rappelle de nombreux détails de notre intimité. Il se souvient de tout. Je suis abasourdie.

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