Fête des télétravailleurs, cauchemar, soutien-gorge : une semaine dans nos vies confinées

« Le Monde » recueille dans son « live » consacré à la vie en temps de confinement d’innombrables témoignages drôles ou touchants. Retour sur une semaine de « direct ».

Par Publié le 01 mai 2020 à 13h32 - Mis à jour le 01 mai 2020 à 14h03

Temps de Lecture 5 min.

Ce 1er mai, va-t-on « téléfêter les travailleurs » ou « fêter les télétravailleurs » ? Parmi d’autres, cette question a animé le « live » ou « direct » sur nos vies confinées, lundi 27 avril : les lecteurs ont rivalisé de jeux de mots et néologismes sur le confinement, concentrant dans des traits d’esprit la transformation de nos quotidiens depuis sept semaines. Il fut question de « quarant-haine », d’« hypoconfiniaque », de voyage à « Punta Canap » ou encore de « whyskype »… Le déluge fut tel qu’on a tout rassemblé dans un bel article.

Le fil rouge

A cette occasion, il fut même proposé qu’un « Mitch » définisse désormais « un amoureux à sa fenêtre ». Vous ne voyez pas le rapport ? C’est que vous ne suivez pas assez le « live » des confinés, dont les aventures de « Mitch », un lecteur, sont devenues l’un des fils rouges. Il y a quelques semaines, ce Parisien y avait demandé conseil pour lier connaissance avec sa voisine d’en face, dont le sourire l’émouvait chaque soir, à 20 heures. Depuis, la petite communauté des lecteurs confinés du Monde espère des nouvelles de l’idylle :

« On veut la suite des aventures de Mitch ! Inventez-les s’il le faut mais ne nous laissez pas dans l’incertitude et l’inachevé ! »

« C’est bien ça le pire avec cette crise : ne pas savoir ! »

Elle est intrigante à observer, cette petite communauté, si disparate dans ses modes et niveaux de vie. Entre les propriétaires qui s’inquiètent pour leurs biens à louer et les familles qui vivent à quatre dans 37 m2, ceux qui font des économies grâce au confinement et ceux qui survivent d’une maigre allocation.

Et pourtant, on a cru voir tout ce monde-là se serrer les coudes, mercredi 29 avril, au lendemain du discours d’Edouard Philippe. Les uns voyaient leurs plans remis à plat, les autres se sentaient encore plus oubliés sur leur île. « C’est bien ça le pire avec cette crise : ne pas savoir ! » tranchait une lectrice, pendant qu’une autre, répondant au joyeux pseudonyme de « la dépression », partageait sa noirceur :

« L’après-11 mai marque la fin d’une ère, le point de bascule d’une période d’insouciance à une période de méfiance. Rien ne sera plus pareil (…). Tout ce qui nous paraissait inné et acquis sera remis en question. Avant de sortir, il ne faudra plus vérifier si j’ai bien pris mes clés, mais plutôt si j’ai bien pris mon masque. Je ne me poserai plus la question si la bise commence par la droite ou par la gauche, puisque la bise ne sera plus.

Le jour de la photo de classe, les élèves ne sortiront pas leurs plus beaux habits, mais leurs plus beaux masques. Au restaurant, je ne peux plus piquer dans l’assiette de mon voisin, le plexiglas m’en empêche. Sur la plage, plus d’enfants qui courent et qui mettent du sable sur ma serviette. Plus question d’aller dans des salles de concert, tout se fait en ligne. Alors pour moi, l’après-11 mai relève plus d’un cauchemar que de la reprise des jours heureux. »

Après avoir écrit un autre témoignage, tout aussi noir, sur ses conditions de travail, une lectrice, prise de regrets, nous a demandé de ne pas le publier. Mais a précisé :

« Cela m’a fait beaucoup de bien de l’écrire – un élan soudain (…). Continuez ce que vous faites, c’est un bonheur quotidien de vous lire, une mise en mots et en distance indispensable. »

Les mots doux

On reçoit beaucoup de mots doux de lecteurs qui nous disent combien, pour eux, ce « live » a du sens – ce « vif », a soufflé l’un d’eux. Comme Laëtitia, pour qui il « laisse voir le côté humain et non uniquement les chiffres de cette crise », ou Caroline, que les témoignages aident à « se sentir moins seule ». Mais celui-ci, envoyé par Aude, lundi, nous a particulièrement touchés. Merci à elle :

« Ce week-end, j’ai lu le récapitulatif du live de la semaine dernière, et je dois avouer que j’ai été un peu émue de voir tout ce qui se passe ici, les moments drôles et qui font du bien, et ceux moins drôles, mais tout aussi essentiels à exprimer. J’ai eu le sentiment de liens invisibles qui lient un peu les personnes lisant et participant à ce live. Donc merci à vous pour ces moments et pour nous permettre de nous exprimer ! »

Les bonheurs simples

Et des moments drôles, il y en a eu jeudi 30 avril, dans vos descriptions de toutes ces choses inattendues que vous avez faites depuis que vous êtes confinés. Des bonheurs simples comme faire le poirier. « Savez-vous s’il existe un championnat national ou international ? », demande Bonne Poire – ou ne pas porter de soutien-gorge : « Je ne m’attendais pas à une telle libération physique et psychologique. Ça va être difficile de remettre ça… », a confié Zoulette.

Le dessin de la semaine

Envoyé par Bénédicte, « fidèle lectrice », il résume l’humeur générale des lecteurs du live des confinés mercredi, au lendemain du discours du premier ministre.

Ce week-end, on fait quoi ?

Quelques conseils pour confinés

Notre sélection d’articles sur le confinement

Retrouvez les tchats de la semaine

Les pépites du week-end confiné

Record de décontraction en télétravail pour ce reporter qui a assuré un direct pour l’émission « Good Morning America » de la chaîne ABC en oubliant de mettre un pantalon

Et la pépite en vidéo, c’est ce décathlon en chambre, par un « décathlète italien qui s’ennuie » (sûrement inspiré par cette autre pépite).

Revivez tous nos « lives confinés » de la semaine

Rendez-vous lundi, à 10 heures, dans notre prochain « live » sur la vie confinée.

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