Le mythe de la sorcière ou le retour au féminin sacré

Expérience chamanique, pouvoirs des cristaux et des plantes, célébrations de la Lune… Le développement personnel en mode ésotérique fait de plus en plus d’adeptes.

Par Publié le 01 mars 2020 à 13h43 - Mis à jour le 02 mars 2020 à 09h24

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Halloween, à Sydney.
Halloween, à Sydney. David Gray / REUTERS

En chaussettes ou pieds nus, assises en cercle autour d’un drap rouge. A la lueur des bougies et dans l’odeur de la sauge brûlée, histoire de purifier l’air. Une fois par mois, à la nouvelle lune, Juliette participe à une « tente rouge », l’un de ces cercles de parole féminins inspirés d’un best-seller américain sorti en 1997, vendu à plus de 3 millions d’exemplaires dans vingt-cinq pays. La Tente rouge, d’Anita Diamant (Charleston éditions, 2016, pour la version française), véritable ode à la féminité, raconte l’histoire de Dinah, un personnage biblique qui partage secrets et rites avec les autres femmes de sa tribu, sous un tipi écarlate, un endroit interdit aux hommes.

Aujourd’hui, la banale salle d’un cours de yoga ou d’un centre culturel sert de cadre à ces rassemblements réservés aux femmes, où chacune des participantes (moins d’une douzaine en général par session) dépose à tour de rôle et en cinq minutes ses préoccupations et réflexions du moment sans être interrompue et sans que personne ne lui réponde. « Pour ne pas être prise pour une folle », la quadragénaire parisienne, cadre dans une grande association et mère de trois ados, préfère rester discrète, hors du cercle familial, sur sa participation à ces réunions, qui empruntent elles-mêmes à des rituels ancestraux, amérindiens notamment. Pas évident en effet de parler de « féminin sacré », de « rythme lunaire » et de « reconquête de sa puissance personnelle » à ses collègues de la comptabilité ou des ressources humaines, au risque d’être cataloguée comme la perchée de l’open space.

Se reconnecter à sa nature

« Le désir de grossesse, les enfants, le conjoint, le travail… ces thèmes sont souvent abordés spontanément », explique Camille Sfez, psychologue, auteure de La Puissance du féminin (Leduc, 2018), qui a contribué à l’essor de ces réunions en France. « Mais aussi des sujets plus prosaïques. Il ne s’agit pas d’un espace de thérapie, juste d’un endroit sécurisé où les femmes peuvent dire ce qu’elles ont sur le cœur, déposer les armes, s’en remettre à la confiance des autres. » Une sorte de bulle spatio-temporelle programmée de préférence les soirs de pleine lune ou de solstice, où il est de bon ton de porter un vêtement ou un accessoire dans les tons rouges, en référence aux menstrues. « Ce n’est pas la même chose d’être face à un thérapeute ou devant des femmes. Je ne viens pas chercher des réponses mais être juste entendue, c’est extrêmement libérateur », explique Leslie, 37 ans, qui a quitté le monde de la production audiovisuelle pour celui de l’accompagnement pré et postnatal et fréquente depuis deux ans ces réunions.

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