S’aimer comme on se quitte : « Si je reste, je casse tout dans l’appartement »

Deux jours dans la vie des amoureux. Le premier parce que tout s’y joue, le dernier parce que tout s’y perd. A chacun de deviner ce qui s’est passé entre-temps. Cette semaine, Vanessa, 44 ans.

Par Publié le 28 février 2020 à 19h15 - Mis à jour le 29 février 2020 à 10h55

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Premier jour

Je vis depuis cinq ans avec Antoine, un homme d’une gentillesse absolue. Ensemble, nous avons acheté un loft. Nous avons tout refait, c’est notre petit cocon. Mais depuis que j’ai perdu ma mère, il y a quelques mois, je suis totalement chamboulée. Je fais des crises d’angoisse à répétition. J’ai l’impression que je ne suis pas tout à fait à ma place ici. Mon ancienne vie de bohème me manque. Pourtant, je ne m’imagine pas vivre sans Antoine.

Un soir, je vais à une fête organisée par une amie pour accueillir son cousin de retour d’un tour du monde. Dès que je le vois, je suis frappée par sa laideur, même si ses cheveux hirsutes et sa barbe l’arrangent un peu. Je passe une soirée ravissante qui me change les idées, je danse avec les uns et les autres jusque très tard, avant d’aller me coucher dans une des chambres de la maison.

Il doit être 3 heures du matin lorsque j’entends toquer à ma porte. « Oui ? » Le cousin apparaît. Je ne comprends pas ce qu’il fait là. Je remonte ma couette pour qu’il ne voie pas ma petite culotte. Comment ce garçon a-t-il pu imaginer deux secondes qu’il pouvait débarquer comme ça dans ma chambre ? « Quels signaux j’ai bien pu t’envoyer pour que tu penses que c’était possible ? », je lui demande clairement. « Quand on a dansé ensemble… », me répond-il. C’est vrai, quand je danse, je danse librement, mais cela ne signifie pas que je suis en train de draguer. Pour ne pas le renvoyer sèchement ni le vexer, je l’invite à papoter quelques minutes. Il s’assoit au bout du lit.

Nous passons le reste de la nuit à bavarder et je finis par plonger littéralement dans son regard. J’y vois apparaître quelque chose de très beau, presque enfantin, qui illumine tout son visage. J’ai l’impression d’apercevoir l’enfant qu’il a été. Au petit matin, nous descendons en catimini dans la cuisine pour grignoter quelques tartines, puis nous rejoignons chacun nos chambres. En fin de matinée, je rentre chez moi sans rien dire à Antoine. Mais je dois avouer qu’il s’est passé quelque chose avec ce garçon. Cette nuit ne fait que renforcer mes doutes.

Deux mois plus tard, je suis invitée chez la même amie, au bord de la mer, où je retrouve son cousin. Il me bat froid pour commencer. Je ne comprends pas son attitude, mais le temps a passé et je m’en fiche complètement. Au bout du rouleau avec Antoine, je suis là pour m’amuser… Pourquoi pas avec ce garçon magnifique que je viens de repérer à la fête du village. Mais ce dernier cherche un plan à trois… J’abandonne. Imbibée d’alcool, je rentre à vélo me coucher chez mon amie.

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