Le Studio Emmaüs présente sa première collection d’objets

Le mouvement solidaire s’est lancé dans la création de meubles ou de luminaires à base de matériaux de récupération : un design « qui a du sens », pensé comme « un outil d’insertion sociale et d’estime de soi ».

Par Publié le 13 février 2020 à 16h47 - Mis à jour le 13 février 2020 à 17h07

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Les rangements sur pied Henri (clin d’œil au vrai prénom de l’Abbé Pierre) par Lisa Lejeune, composés à 100 % de bois récupéré (Atelier Emmaüs).
Les rangements sur pied Henri (clin d’œil au vrai prénom de l’Abbé Pierre) par Lisa Lejeune, composés à 100 % de bois récupéré (Atelier Emmaüs). Emmaüs

Rangements sur pied « Henri », joliment colorés et empilables, tables et tabourets d’appoint « Les Cultivés », sculptés dans de vieilles encyclopédies aux pages patiemment pliées et découpées, lampes « Les Cintrées », faites de cintres de métal et de textile délaissé… La première collection de Studio Emmaüs, entièrement à base de matériaux de récupération, est exposée, jusqu’au 31 mars, dans la boutique 107 Rivoli, à Paris.

« Nos objets ont été, dans une première vie, des fenêtres, des chutes de menuiserie, du mobilier, des habits ou des panneaux de bois déclassés par l’industrie et les voilà métamorphosés, prêts pour de nouvelles histoires », explique Guillaume Poignon, cofondateur de Studio Emmaüs. « Nous nous servons de l’artisanat et du design comme d’un outil d’insertion sociale et d’estime de soi, car fabriquer de ses mains un bel objet permet à chacun de se découvrir beau », précise le jeune entrepreneur social.

Lampes « Les Cintrées », en cintres de métal et textile délaissé.
Lampes « Les Cintrées », en cintres de métal et textile délaissé. Marion Dubier-Clark

Le Studio Emmaüs réunit sous une même bannière trois structures locales, toutes nées en 2017. Guillaume Poignon est l’initiateur de l’Atelier Emmaüs, à Lyon, qui fait appel à des designers comme Lisa Lejeune, Ionna Vautrin, Ferréol Babin ou le studio 5.5. « A ces designers, je ne donne pas de contraintes concernant la typologie d’objets, mais ils doivent se fonder sur les matériaux de récupération disponibles. Et surtout ils doivent dessiner un produit dont le process de fabrication va permettre à nos artisans apprenants d’intégrer de nouveaux savoir-faire dont ils pourront se prévaloir, dans le futur, sur le marché du travail. »

Du 100 % fait main

La deuxième structure, Les ReCréateurs, basée à Paris, s’est spécialisée dans la customisation par les salariés de meubles défectueux et de vêtements démodés ou abîmés, selon leurs compétences en couture ou dans les métiers du bois. La troisième, Les Résilientes, installée en région parisienne, propose des recettes, presque des astuces, pour transformer les gisements de matières issus des dons.

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Tous s’inscrivent dans la mission du mouvement Emmaüs, né il y a soixante-dix ans pour lutter contre l’exclusion et la précarité. « Nous donnons une seconde chance aux hommes, une deuxième vie aux objets et un meilleur avenir à la planète. Mais nous avons un temps plus long de fabrication car tout est réalisé à la main et le résultat est unique », relève Guillaume Poignon.

Patère à base de « chutes de chutes » de bois, design Studio 5.5 pour l’Atelier Emmaus, 2019.
Patère à base de « chutes de chutes » de bois, design Studio 5.5 pour l’Atelier Emmaus, 2019. Studio 5.5

Tel est le cas de cette patère issue de « chutes de chutes » de bois, un concept imaginé pour l’Atelier Emmaüs par le collectif de design parisien 5.5. « Il est intéressant de penser un objet comme support d’apprentissage. Nous avons proposé des découpes de rondelles à la scie-cloche, qui sert d’ordinaire à installer des passe-câbles. En plus d’apprendre le maniement d’un nouvel outil, l’apprenti est impliqué dans le rendu esthétique. Il peut jouer des essences de bois à percer, du diamètre des rondelles et de la combinaison des matériaux », précise Jean-Sébastien Blanc, cofondateur des 5.5. « On assiste à la naissance non pas d’une pièce unique pour une galerie, mais d’un objet unique vendu 28 euros au plus grand nombre, grâce à l’économie circulaire », se félicite-t-il encore, saluant « un design qui a du sens ».

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