Un apéro avec Panayotis Pascot : « J’aimais mettre les gens mal à l’aise. J’ai arrêté »

Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Dans son premier stand-up, « Presque », l’humoriste joue la carte de l’introspection. Drôle et touchant.

Propos recueillis par Publié le 08 février 2020 à 01h17 - Mis à jour le 08 février 2020 à 06h56

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Panayotis Pascot , à l’hôtel Providence, à Paris, le 28 janvier.
Panayotis Pascot , à l’hôtel Providence, à Paris, le 28 janvier. AUDOIN DESFORGES POUR LE MONDE

Il répond brièvement à son portable. Expédie son coloc gentiment mais lui indique tout de même où il peut trouver des Doliprane dans l’appart. Au-dessus de la terrasse de l’Hôtel Providence, à Paris, les cieux ne sont guère cléments. Panayotis Pascot s’inquiète de cette pluie qui commence à tomber. Il doit se rendre ensuite chez des amis pour manger une raclette, pour la première fois de sa vie, et il est en trottinette. A 21 ans, le stand-upeur ne reste jamais seul très longtemps.

A cette heure-ci, quatre fois par semaine, l’ancienne « tête à claques » du Petit journal sur Canal+ raconte devant 250 personnes au Grand Point Virgule comment il a (presque) embrassé la fille qu’il aime. Au bout de cinq fois. Un postulat de départ où « les gens se disent : pourquoi il raconte ça, qu’est-ce qu’on s’en fout », dit-il le menton posé sur sa bouteille de Coca. A côté, le verre de whisky commandé pour la photo patientera. « Je bois très peu. » Il mime le type bourré : « Je sais qui est Copy comic !! »

Les vols de vannes, il ne connaît pas ; et pour cause, ses potes lui en refilent. Enfin, presque. Avec Fary, Jason Brokerss et Adib Alkhalidey, ils forment une sorte de Rat Pack du stand-up. A la fin de son spectacle Presque, Panayotis Pascot remercie ses coauteurs avec qui il peut chercher le bon rythme, la bonne chute jusqu’à 4 heures du mat. « Fary, par exemple, m’a aidé à prendre soin des silences. » La bande, « c’est comme la famille ; à minuit, je peux appeler n’importe quel stand-upeur, il me répond ».

Le rire aide à être populaire

Petit dernier d’une fratrie de six, Panayotis Pascot a grandi à Bondoufle, commune de l’Essonne, avec son lac, ses drôles de dômes, ses kilomètres de petits pavillons et de parkings souterrains, et sa halle du rock. Au collège Charles-Péguy, il constate que le rire aide à être populaire. C’est devant l’entrée de ce même collège que, jadis, le principal déchiquetait une à une mes cigarettes avant la sonnerie.

« T’es de Bondoufle ! Tu connais pas Marion ? », me demande-t-il. Aucune chance, en 1991 elle n’était probablement pas née. Elève qui survolait sans spécialement briller, Panayotis Pascot avait ses priorités. « A l’époque, je préférais que tout le monde m’aime un peu plutôt que quelques personnes m’aiment beaucoup. Un faux calcul. J’arrivais à désamorcer les situations, j’avais un pouvoir. » Car la vanne, parfois, tue. « J’aimais rendre les gens mal à l’aise pour être victorieux, j’ai arrêté de le faire. »

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