Un apéro avec Laetitia Dosch : « J’aime être dérangée »

Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. L’actrice, qui multiplie les projets au cinéma, démarre son spectacle « Hate », où elle partage la scène avec un cheval.

Par Publié le 20 septembre 2019 à 15h31 - Mis à jour le 21 septembre 2019 à 06h00

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Laetitia Dosch à Paris, à l’A Casa di Nonna, le 16 septembre.
Laetitia Dosch à Paris, à l’A Casa di Nonna, le 16 septembre. AUDOIN DESFORGES POUR « LE MONDE »

« On vit une drôle de période, on n’a pas de prospective sur ce que ­notre vie future pourrait être d’autre. Or l’art sert à ça : proposer des utopies, imaginer d’autres voies… » Laetitia Dosch, 39 ans, esquisse un sourire fugace, avant d’ajouter : « Comme d’avoir une histoire d’amour avec un cheval. » Alors qu’on la retrouve au Théâtre Monfort, à Paris, dans son duo dénudé avec un équidé (Hate, du 25 septembre au 4 octobre), la ­comédienne multiplie les tournages : rôle principal dans Passion simple, de Danielle Arbid, d’après Annie Ernaux (« Il faut du temps pour s’en remettre, mais j’aime être dérangée »), elle formera un trio aux côtés de Benjamin Biolay et Karin Viard dans Valses de Vienne, de Marc Fitoussi, partagera l’affiche avec Marina Foïs dans Assoiffés, de Jérémy Elkaïm, ainsi qu’avec Sara Forestier dans Playlist, de Nine Antico.

Partout, elle déploie la même énergie débordante. Un humour au couteau (nom de sa compagnie : Viande hachée du Caire). Et quand elle coupe, elle coupe profond. « L’animalité, c’est le silence. Un rapport corporel qui me fait du bien. Je me sens en confiance assez vite. Même si le cheval me remet sans cesse en cause », confie-t-elle à propos de Hate. Mais déjà elle réfléchit à l’écriture du spectacle suivant. Avec des végétaux cette fois. A cause de cette peur justement qui l’étreint face au collapsus annoncé de la planète, pour laquelle elle, qui semble n’avoir peur de rien, si ce n’est de mal user de son temps, aimerait faire quelque chose. Pour cela, elle rencontre et parle beaucoup avec des collapsologues, ­décroissants, philosophes de la crise écologique, camarades de l’incertain, ces « gens qui ne dorment plus ».

Une enfance particulière

Spritz blanc. La spécialité de la maison. Bien servi. Elle en a pété le pied de son verre d’un geste trop brusque. Resservie illico. A Casa di Nonna, à Belleville, sous-titrée « Cuisine italienne d’amour », se trouve sur son trajet lorsqu’elle descend à pied de la petite rue d’ateliers d’artistes où elle habite, du côté du métro Télégraphe. C’est-à-dire souvent. Un jour, Rosaria, 32 ans, la Napolitaine qui tient les fourneaux, et Tiffanie, la Franco-Sarde, même âge, qui tient la salle, étaient devant le restaurant. Elles ont échangé un signe de sympathie. Depuis elle vient ici. « Ça me fait du bien. Ce n’est pas si souvent que l’on se sent à la maison. »

La maison. Un grand appartement, place de la Madeleine, où elle a grandi, dans un immeuble qu’un lointain ancêtre avait fait construire. Là s’entassent ses grands-parents, son oncle, sa tante, sa mère et son beau-père, sa demi-sœur et son demi-frère. Son père à elle, un Suisse, plombier devenu rentier – de lui, elle a hérité le côté joueur –, est parti lorsqu’elle avait 1 an. « Une enfance assez particulière, parce qu’avec beaucoup d’animaux. Un chinchilla, des pies, des cochons d’Inde, un fennec, des pigeons qui habitaient là… Un endroit sauvage,un peu dangereux. » Le grand-père est ornithologue. Il va chercher des œufs dans les nids. L’oncle, Hervé, est taxidermiste, boulevard Saint-Germain.

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