La mini-maison dans la prairie

Complètement perchés (3/5). Réconciliant confort et environnement, la « Tiny House » fait de plus en plus d’émules. A la clé : la promesse d’une vie proche de la nature et moins sédentaire. Un choix qui a néanmoins ses limites.

Par Publié le 04 août 2019 à 06h00 - Mis à jour le 05 août 2019 à 06h31

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La Tiny House Epona (Baluchon) pour deux personnes, dans la région de  Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), en août 2018.
La Tiny House Epona (Baluchon) pour deux personnes, dans la région de  Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), en août 2018. VINCENT BOUHOURS / BALUCHON

Début juin, Astrild est arrivée chez Céline Roussey. Une nouvelle venue bien charpentée, tout en bois massif, enrobée d’une bonne isolation de coton et de chanvre. Astrild est une Tiny House (« maison minuscule »), le nom générique de ces micromaisons montées sur une remorque, fusion entre les envies écologiques et minimalistes du moment et le rêve de la cabane de trappeur. Loin de l’abri de fortune ou de la caravane, ces petits nids douillets qui offrent en version de poche tout le confort et le charme d’un logis traditionnel séduisent de plus en plus de familles, qui en font leur résidence principale.

Il y a à peine quelques mois, l’orthophoniste libérale de Haute-Saône vivait avec son mari et sa fille dans une vaste maison de 200 m2 avec dépendances sur plusieurs hectares de terrain. Aujourd’hui, elle occupe une surface dix fois plus petite, composée d’une pièce à vivre avec cuisine tout équipée (réfrigérateur, plaques de cuisson, machine à laver), surmontée de deux mezzanines qui font office de chambres et d’une salle de bains avec douche et toilettes sèches.

Décroissance résidentielle

Même si les plus de trois mètres de hauteur de plafond donnent une sensation d’espace à la petite surface, comment et pourquoi réduit-on ainsi ses murs ? « Pas par souci financier, prévient la quinquagénaire en instance de divorce, mais par lassitude d’entretenir une grande maison, par la prise de conscience de la vacuité d’avoir tous ces mètres carrés inutilisés au quotidien. »

L’envie de se tourner vers un « mode d’habitat plus écologique », puis la découverte du mouvement Tiny – un phénomène né aux Etats-Unis au début des années 2000 en réaction à l’accroissement constant de la taille des habitations et qui a pris de l’ampleur avec la crise immobilière de 2008 –, font germer dans la tête du couple de propriétaires l’idée d’une décroissance résidentielle.

Un an plus tard, la mère de famille, qui, « paradoxalement, [a] toujours aimé les petits espaces et [n’est] pas du genre à accumuler », prend livraison d’Alstrild, sa maison de poupée fabriquée sur mesure pour 80 000 euros clés en main par Baluchon, une entreprise spécialisée, et l’installe sur un terrain privé prêté par une amie, en attendant de finaliser l’achat de son propre terrain.

Epure domestique

Même si l’habitat rétréci est encore une niche en France, la Tiny fait incontestablement fantasmer. « Nombreux sont ceux qui en rêvent, beaucoup moins ceux qui sautent le pas », confirme Dominique (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille), 42 ans, cadre marketing à Rennes et créatrice de Matinyhouse.com, le site de référence des passionnés. « Ça a un look sympa, l’aménagement est bourré d’astuces, c’est une réalisation que l’on est fier de montrer aux copains ou à sa famille. » En plus, c’est très photogénique, à en croire le nombre de posts Instagram vantant l’esthétisme de ce concentré d’épure domestique.

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