Dans les coulisses de l’enregistrement du « Meurtre du Commandeur », de Murakami

A Montmartre, le roman-fleuve de l’auteur japonais est produit en version audio. Christophe Brault, acteur de théâtre, explique les ficelles du métier.

Par Publié le 13 octobre 2018 à 15h05 - Mis à jour le 14 octobre 2018 à 11h29

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« Le Meurtre du Commandeur », d’Haruki Murakami.
« Le Meurtre du Commandeur », d’Haruki Murakami. BELFOND

Voilà déjà une dizaine de jours que Christophe Brault passe ses journées dans un studio parisien avec Haruki Murakami, le plus célèbre des romanciers japonais contemporains. Un face-à-face intime bien qu’à distance, avec le phrasé, le rythme, les mots, du dernier roman de l’auteur de la trilogie 1Q84. Au pied de la butte Montmartre, le comédien enregistre la version audio du nouveau roman-fleuve (1 000 pages en deux tomes) de l’écrivain, Le Meurtre du commandeur, publié au Japon fin février et disponible en français depuis début octobre chez Belfond. Dans un mois, le roman sera téléchargeable en format MP3, et rejoindra le catalogue de Lizzie, la nouvelle marque consacrée aux livres audio du groupe Editis.

S’adresser à une paire d’oreilles « comme si elle était unique »

Acteur de théâtre, voix pour plusieurs feuilletons radiophoniques, rompu aux lectures publiques, Christophe Brault est installé dans une petite cabine vitrée, casque audio sur les oreilles, les pages du manuscrit déposées devant lui sur un pupitre. Le timbre captivant du récitant immerge l’auditeur dans la tête du personnage principal, un jeune peintre en panne d’inspiration. « Vous ne devez pas interpeller l’auditeur ni interpréter le texte, pour ne pas gêner l’imaginaire et les projections personnelles de celui qui vous écoute, explique-t-il. Une des difficultés est de faire entrer les gens dans une histoire grâce à votre voix tout en faisant attention à ce que cette dernière ne prenne pas le dessus au détriment du livre. »

Sa capacité à emprunter une multiplicité de tons, indispensable pour différencier les personnages au cours de la lecture, mais aussi sa manière de s’adresser « à une paire d’oreilles comme si elle était unique » a séduit les chercheurs de voix de Hey You Get on My Cloud, la société chargée d’enregistrer l’ouvrage. Depuis un an, la production de livres audio pour le compte d’éditeurs a explosé et constitue aujourd’hui l’essentiel des prestations proposées par le studio. « 90 % proviennent du livre, 10 % de la musique. Chaque mois, on travaille sur six à huit livres », comptabilise Jean-Christophe Vareille, son fondateur, ingénieur du son de formation. Pour cet orfèvre de l’écoute, « la première heure de lecture est cruciale. Pour donner envie de continuer, il faut capter l’auditoire avec un timbre mais aussi un enregistrement à la hauteur. » Pas si simple quand on sait qu’il faut cumuler 128 heures d’écoute pour l’intégralité de A la recherche du temps perdu, proposée par les Editions Thélème.

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