Fredrik Lerneryd

Voyage immobile au Kenya

Par

Publié le 02 juin 2020 à 09h30

Partir dans une « ferme africaine »

« I had a farm in Africa » (« j’avais une ferme en Afrique »). La voix de Meryl Streep, poussée dans les graves pour le rôle, est inoubliable. Le film Out of Africa, sorti en 1985 et récompensé par sept Oscars, s’ouvre sur cette confession comme dans le roman (La Ferme africaine), dont il est l’adaptation, autobiographie de la baronne danoise Karen Blixen parue en 1937. Si le film de Sydney Pollack s’attache à son histoire d’amour avec l’aventurier britannique Denys Finch Hatton (Robert Redford, splendide), le texte se veut surtout une chronique de sa vie dans une exploitation de culture du café, entre 1914 et 1931. Blixen y décrit les montagnes, la brousse et la plaine africaines, la ville de Nairobi, à une vingtaine de kilomètres, et sa bouleversante découverte de l’« âme noire » : « Tout l’horizon de ma vie s’en est trouvé élargi. »

La ferme africaine, de Karen Blixen, Folio, 512 p., 11,50 €.

 

Voyager avec Peter Beard

Retrouvé mort le 19 avril, à 82 ans, près de sa propriété de Montauk, à Long Island, Peter Beard partageait son temps entre les États-Unis, son pays de naissance, et le Kenya, où il s’est installé au début des années 1960, à côté de la ferme de Karen Blixen. Dans ses œuvres, qui mêlent photographies, dessins et fragments de journal intime, il célèbre la faune et la flore qui ­l’entourent. Ouvrage devenu culte, son premier livre, paru en 1965, The End of the Game (La Fin d’un monde, en français), témoigne de l’extinction des éléphants. Sa vie durant, l’aventurier au physique d’acteur hollywoodien, grand mondain, aura navigué entre le monde sauvage et la planète mode. Ses clichés du mannequin Veruschka, star du Swinging London posant avec un rhinocéros, sont entrés dans la légende.

Peter Beard, Taschen, 770 p., 100 €.

Siroter un désaltérant gimlet

Fervent amateur de cocktails, Ernest Hemingway adaptait sa consommation (et celle des personnages de ses romans) à son lieu de vie. S’il écrivait sur le daïquiri à Cuba, il citait plus facilement le gimlet au Kenya, par exemple dans sa nouvelle L’Heure triomphale de Francis Macomber (1950), où les trois protagonistes commandent la fameuse boisson du pays à l’ombre d’une tente de safari. à base de gin, importé au Kenya par les colons anglais pour faire passer le goût amer de la quinine utilisée contre le paludisme, la recette du gimlet est simplissime : deux doses de gin, une de Rose’s Lime Cordial, accompagnées d’un trait de sirop de citron (éventuellement remplacé par un jus de citron vert frais) et d’un peu de sucre. à servir très frais dans un verre à Martini.

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