Au Royaume-Uni, le virage à gauche toute du pitbull populiste de « Good Morning Britain »

Connu pour ses positions ultraconservatrices, le journaliste Piers Morgan, animateur star de la matinale d’ITV, a soudainement changé son fusil d’épaule avec la pandémie. Au point de devenir l’un des plus farouches critiques de Boris Johnson.

Par Publié le 30 mai 2020 à 08h00 - Mis à jour le 01 juin 2020 à 06h15

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Le journaliste Piers Morgan, sur le plateau de son émission « Good Morning Britain », le 20 mai.

Il est l’une des stars du petit écran britannique. Piers Morgan, 55 ans, l’animateur de « Good Morning Britain » (GMB), la matinale d’ITV, a le cheveu abondant, le regard vif et le verbe haut, et n’est jamais à court de prise de bec à l’antenne. Plus qu’un journaliste politique pugnace, c’est un vrai pitbull. On l’avait vaguement à l’œil avant l’épidémie de Covid-19 : cet antiféministe, ami autoproclamé de Donald Trump, était un féroce brexiter. Ou plutôt, un adversaire acharné des remainers, ces partisans d’un maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. « Est-ce que vous allez enfin arrêter de couiner et accepter le résultat du référendum ? ! » apostrophait-il, en décembre 2019, Alastair Campbell, un ex-spin doctor de Tony Blair.

Fin mars, alors que le gouvernement Johnson décidait le confinement avec une bonne semaine de retard sur le reste des grands pays européens, Piers avait encore l’esprit à plaisanter : « Coronavirus, l’horreur : on vient juste de me dire que j’allais devoir me maquiller tout seul ! », tweetait-il.

Et puis brutalement, il y a eu ce changement de ton, ces propos graves, ces interrogations anxieuses. Le 23 mars, par exemple : « Maintenant, c’est à nous de jouer. Nous devons TOUS obéir aux nouvelles lois, pour nos prochains. Sinon, des gens vont mourir, c’est aussi simple que cela. » Le lendemain : « Si le coronavirus est dangereux au point que le premier ministre a demandé à tout le monde de rester à la maison, pourquoi le gouvernement continue-t-il de laisser des travailleurs non essentiels aller au boulot ? Cela n’a aucun sens ! »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : le Royaume-Uni, un des pays les plus touchés en termes de mortalité, se déconfine à tout petits pas

Jeu de massacre à l’antenne

Depuis, c’est un festival, tous les matins de la semaine, entre 6 heures et 9 heures : Piers fustige le manque de matériel de protection, les tests insuffisants et alerte sur le sort des pensionnaires des maisons de retraite abandonnés à leur triste sort (au moins 12 000 morts, selon certaines évaluations). Exit l’agressivité contre Meghan Markle, sa tête de Turc préférée, ou contre les saucisses végétariennes de la chaîne de fast-food Greggs : Piers a viré 100 % Covid-19. Précis, documenté, il est devenu l’un des critiques les plus acharnés de Boris Johnson, le porte-parole des malades, des infirmiers et conducteurs de bus « en première ligne » face au virus : « la voix de la nation », estime le très à gauche Guardian.

Il vous reste 60.05% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.