Le paquebot ‘‘ Celebrity APEX ’’. Vue depuis le quai de la prise d’eau sur le Bassin Penhoët. Chantiers de l'Atlantique à St Nazaire.
Gaëtan Chevrier pour M Le magazine du Monde

Les chantiers de Saint-Nazaire ébranlés par le coronavirus

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Publié le 22 mai 2020 à 11h30 - Mis à jour le 22 mai 2020 à 14h59

La silhouette massive du Celebrity Apex, long vaisseau de 306 mètres amarré dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), sature le paysage, tel un oiseau de mauvais augure. Partout dans le monde, les paquebots sont à l’arrêt. En pleine tempête du coronavirus, ces bâtiments gigantesques, capables de transporter jusqu’à 8 000 personnes, ont charrié quelques images désastreuses. Dans tous les ports de la planète, ils sont devenus indésirables dès lors que des malades, puis des morts, ont été déclarés à bord, obligeant les navires à faire des ronds dans l’eau comme de vulgaires rafiots.

L’Apex, également connu sous le nom de code de fabrication « K34 », a finalement été livré le 27 mars à Celebrity Cruises, filiale du géant américain RCCL (Royal Caribbean Cruise Line). Mais, avant même que son armateur le réceptionne pour une croisière inaugurale au départ de Southampton (Grande-Bretagne), le Covid-19 a frappé à l’intérieur : les 1 463 personnes ­présentes, parmi lesquelles 1 417 membres d’équipage, ont été placées en quarantaine. « Au plus fort de la crise, le 1er avril, on a compté 259 personnes touchées par le Covid-19 sur le paquebot, dont 49 présentant des ­symptômes, indique Michel Bergue, sous-préfet de Saint-Nazaire. Six d’entre elles ont été hospitalisées, deux ou trois placées en réanimation. Aucun décès n’a heureusement été déploré. »

Un marché au point mort

Vertigineux casse-tête : un paquebot, par essence, c’est une tour de Babel – 65 nationalités se trouvaient ici réunies – et il a fallu : 1) s’assurer que chaque personne désireuse de regagner le plancher des vaches n’était pas porteuse du virus ; 2) dénouer chaque cas avec les autorités de son pays (un seul Français se trouvait à bord, dixit le sous-préfet) ; 3) patienter, le temps que des ­liaisons aériennes soient rétablies. Mercredi 13 mai, l’Apex, à bord duquel demeuraient 556 membres d’équipage, ne présentait plus « aucun risque épidémique », selon le représentant de l’État. Mais le coronavirus continue de semer le trouble : le marché de la croisière demeure au point mort.

Et voici donc l’Apex, battant pavillon maltais, rivé au quai de Penhoët, qui toise les Chantiers qui l’ont mis au monde. Chantiers de l’Atlantique qui, eux, « déconfinent » à bas bruit. « On ne tient pas à attirer la lumière sur nous au moment de la reprise du travail », a fait savoir, au téléphone, Philippe Kasse, directeur de la communication des Chantiers de l’Atlantique. C’est que le fleuron de la construction navale en France – véritable ville dans la ville où se croisent, en situation de pleine activité, près de 8 000 personnes – joue gros à l’heure de la relance.

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