VICTOR LUQUE

Les nuits berlinoises en sommeil

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Publié le 10 avril 2020 à 14h30 - Mis à jour le 11 avril 2020 à 05h22

D’habitude, ceux qui viennent sans tenue fétichiste risquent de se faire refouler à l’entrée. Mais, ce mercredi 11 mars, une simple carte de presse suffit pour franchir la porte du KitKat, institution de la nuit berlinoise. La Commission des clubs de la ville, le syndicat des professionnels du secteur, qui a ses bureaux dans le même immeuble défraîchi, y tenait une petite conférence de presse consacrée au coronavirus.

Même si cela peut paraître irréel avec le recul, l’hypothèse d’une fermeture générale des clubs est à peine évoquée ce jour-là. A cette date, deux d’entre eux ont pourtant été identifiés comme faisant partie des premiers foyers de contamination à Berlin. Mais l’heure est encore à une certaine insouciance dans une Allemagne où seuls cinq cas mortels ont été répertoriés et où les écoles sont toujours ouvertes (elles fermeront la semaine suivante).

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« Une fermeture des clubs, même de quelques semaines, mènerait la plupart d’entre eux à la faillite », explique le porte-parole du syndicat, Lutz Leichsenring, à la dizaine de journalistes sur place, avant de présenter un « catalogue de mesures » destiné à lutter contre la propagation du Covid-19 : conseils d’hygiène ; obligation, pour les clients, de laisser leur adresse e-mail ou leur numéro de téléphone ; limitation du nombre d’entrées à 70 % des capacités d’accueil habituelles.

Fête à l’arrêt

Censées entrer en vigueur deux jours plus tard, à partir du vendredi 13 mars, ces règles ne seront jamais appliquées. Après avoir assuré, le jeudi, que les clubs pourraient encore rester ouverts un dernier week-end avant une interruption de cinq semaines, le gouvernement du Land de Berlin décidera finalement, le samedi, qu’ils doivent tous fermer immédiatement. Une décision justifiée en ces termes par la ministre de la santé, Dilek Kalayci, sur son compte Twitter : « Sur les 263 personnes contaminées à Berlin, 42 l’ont été dans des clubs. Ce n’est pas le moment de faire la fête. »

« Cette crise, la plus grave que nous ayons connue, arrive à un moment déjà compliqué. » Un organisateur de soirées

Plus le moment de faire la fête, donc. A vrai dire, beaucoup d’établissements n’ont pas attendu l’ordre des autorités pour se mettre d’eux-mêmes à l’arrêt.

« Dans la situation actuelle, vous accueillir pour des nuits et des jours de danse et de débauche, collés les uns aux autres dans l’anonymat, serait irresponsable pour l’ensemble de la société », s’est excusé le club About Blank, dès le vendredi 13. « Vous savez à quel point on aime les fêtes de malades. Mais, là, ça risque d’aller trop loin », pouvait-on lire, le même soir, sur le site Internet du Sisyphos.

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