« Avec mes copains collapsologues, on s’appelle et on se dit : « Dis donc, ça a été encore plus vite que ce qu’on pensait ! » »

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Publié le 30 mars 2020 à 08h29 - Mis à jour le 30 mars 2020 à 20h34

<p>L’ex-leader des Verts, dans sa propriété, près de Rennes, en septembre 2019.</p>

L’ex-leader des Verts, dans sa propriété, près de Rennes, en septembre 2019.

Théophile Trossat

Nous étions allés le voir dans sa longère bretonne où il préparait la fin du monde. Il venait de sortir un livre, Devant l’effondrement. Essais de collapsologie (Les liens qui libèrent), et on le regardait comme un doux dingue, un drôle de Cassandre. C’était en septembre 2019, autant dire il y a une éternité. Avec l’arrivée du coronavirus et le confinement, fini de ricaner : et si Yves Cochet avait eu raison avant tout le monde ? Joint, cette fois, par ­téléphone, l’ancien ministre de l’environnement de Lionel Jospin a la pudeur de ne pas fanfaronner. Certes, il avait écrit noir sur blanc qu’une pandémie pourrait déclencher l’effondrement généralisé – page 123 de son livre –, mais il n’en rajoute pas.

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« J’aurais plutôt pensé que cela viendrait d’une crise du pétrole ou d’une catastrophe climatique », reconnaît-il. Il avait prévu la fin du monde entre 2020 et 2030, il a été un peu pris de court. « Avec mes copains collapsologues, on s’appelle et on se dit : “Dis donc, ça a été encore plus vite que ce qu’on pensait !” » Il va sans dire que la situation actuelle apporte de l’eau à son moulin. « Tout cela montre que la mondialisation nous fragilise et rend vulnérable notre économie. Nous sommes trop interdépendants, il n’y a pas assez de résilience locale. Il faut absolument essayer de créer des biorégions qui seraient autonomes en énergie et en alimentation. »

Une longueur d’avance en matière de confinement

L’ancien leader des Verts, qui se prépare à l’apocalypse depuis des années, a pris un sacré coup d’avance en matière de confinement. Dans la maison qu’il ­partage avec sa fille et ses deux petits-fils, il dispose d’un puits doté d’une pompe à bras, de trois citernes comportant chacune 1 000 litres d’eau de pluie, d’un étang dont l’eau peut être filtrée et de bois pour se chauffer pendant cinq ans. « On avait prévu le coup depuis quinze ans. Nous sommes autonomes en eau et en énergie », se félicite-t-il. En matière alimentaire, il n’est pas encore au point et doit se déplacer comme tout le monde avec son autorisation sur papier à l’hypermarché du coin. Un point faible qu’il s’applique à réparer : il s’est acheté des graines et quelques serres et compte bien voir pousser mâche, haricots, tomates et radis dans sa ­ parcelle. Le confinement à la campagne n’a pas le même goût qu’en ville, il l’­admet volontiers : « Contrairement à ceux qui sont bloqués dans leur HLM au onzième étage, nous sommes des ­privilégiés. On a du calme et un bois pour se promener. »

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