Des podcasts, des sakés ou des fantômes… Les idées de la semaine

Des vins d’ailleurs, des beaux livres, des histoires de mode… ? Suivez les recommandations de « M Le magazine du Monde », qui goûte à tous les domaines.

Par , , et Publié le 29 mars 2020 à 12h00

Temps de Lecture 5 min.

Article réservé aux abonnés

Transsibérien

Michael Turek/Damiani

Pendant des semaines, le photographe américain Michael Turek a sillonné la Sibérie pour capturer ces moments rares où l’homme rencontre la nature dans une région à la fois inhospitalière et sublime. Il en a tiré un livre, Siberia. Le plus frappant est la sensation d’enfermement des habitants dans des logements exigus, dispersés dans l’immensité. Au fil des pages de Siberia, la blancheur des forêts sibériennes laisse place à une dichotomie acide entre virginité des espaces et vanité destructrice de l’homme.

Siberia, de Michael Turek, Damiani, 184 pages, 45 €.

Vins sur vingt

S’il ne fallait garder qu’un seul vin, un vin qui se dégusterait avec tout, et dont on ne se lasserait jamais, il faudrait qu’il soit généreux, ­tellement évident et joyeux qu’il ferait l’unanimité. Ce qui, bien sûr, n’est pas si courant. Il existe néanmoins deux vins, rouges, capables de remplir cet office. Avec son ­iconique Château Rayas, à Châteauneuf-du-Pape, le vigneron Emmanuel Reynaud a tout compris des vins de sa région. Au Château des Tours, il produit un simple côtes-du-rhône aux tannins fondus et soyeux, au-delà de la matière. Magnifiquement « cuisinés », cinsault, syrah et grenache donnent ici un breuvage d’une digestibilité rare. Si salivant qu’on n’en a jamais assez. De même, au cœur du Chianti, où il cultive le cépage autochtone, sangiovese, Paulo di Marchi produit un rouge d’une gourmandise folle, avec une charpente à l’acidité fine. Toujours avec élégance, il accompagne toutes sortes de plats familiaux, mijotés ou rôtis, mais aussi des lasagnes ou des fromages. C’est le vin de toutes les situations.

Château des Tours, Côtes-du-Rhône, rouge, 2015. 54 €. Tél. : 04-90-65-41-75. Isole e Olena, Chianti Classico, rouge 2015. 27 €. soifdailleurs.com

L’art du spiritisme

Fleury Joseph Crépin, Tableau n° 77, « Le Temple des fantômes », mars 1940. Huile sur toile, 54,5 × 49 cm. Ancienne collection Nicolas Schöffer, Don d’Eléonore Lavandeyra-Schöffer, LaM
Fleury Joseph Crépin, Tableau n° 77, « Le Temple des fantômes », mars 1940. Huile sur toile, 54,5 × 49 cm. Ancienne collection Nicolas Schöffer, Don d’Eléonore Lavandeyra-Schöffer, LaM LaM/Photo : Paul Tahon

Si les expositions sont ajournées, leurs catalogues sont là et permet­tent, un peu, de faire comme si on y était. Ainsi de celui de l’accrochage « Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l’au-delà » prévu au Musée Maillol, à Paris. Une exposition qui faisait suite à une autre, « Lesage, Simon, Crépin. Peintres spirites et guérisseurs », orchestrée en 2019 au LaM, à Villeneuve-d’Ascq. Rien ne prédestinait ces « hommes et femmes du commun », comme les appelait Jean Dubuffet, à devenir artistes. Sans connaissance technique, sans la moindre notion d’histoire de l’art, malgré la pauvreté, ces peintres médiumniques ont construit une œuvre singulière, marquée par l’ornement et la symétrie. Tous ont répondu à l’injonction des esprits. Ainsi, apprend-on dans le catalogue, c’est à la fin de 1911, couché dans un boyau, que le mineur Augustin Lesage entend une « voix très nette » lui prédisant qu’il serait peintre. Un soir de décembre 1938, Fleury-Joseph Crépin sentira sa main s’affranchir pour réaliser des « dessins inconnus ». Et de comprendre au fil des pages, pour le lecteur, au diapason des commissaires Christophe Boulanger et Savine Faupin, que « tous les arts sont savants… ils ne sont simplement pas formés des mêmes savoirs ».

Il vous reste 51.26% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.