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LES AVENTURES DE RABBI JACOB  (LES AVENTURES DE RABBI JACOB) de Gerard Oury 1973 FRA
avec Louis De Funes
religieu juif, rabbin, victoire, acclamation, celebrite, quartier du Marais, taxi
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« Rabbi Jacob », le film qui métamorphosa Louis de Funès

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Publié le 20 mars 2020 à 00h23 - Mis à jour le 21 mars 2020 à 17h50

Il y a plusieurs Louis de Funès. Celui que l’histoire retient comme le plus grand acteur comique français, celui que les Français connaissent par cœur au fil des rediffusions de ses films les plus célèbres, celui dont les comédies sont sur toutes les ­plateformes de VOD (vidéo à la demande), celui à qui La Cinémathèque française avait prévu de consacrer une rétrospective et une exposition (sus­pendues à cause de la pandémie)

Mais il existe un autre de Funès, plus complexe, qui apparaît au début des années 1970. Louis de Funès a alors plus de 55 ans, et déjà plusieurs vies de comédien derrière lui : une première période, entre 1945 et 1962, pendant laquelle il aura été cantonné à de la quasi-figuration dans plus d’une centaine de films. On y devine à chaque fois sa frustration de rester à l’arrière-plan.

Puis il y a cet acteur qui, devenu vedette à partir de Pouic-Pouic (1963), de Jean Girault, règne en maître absolu sur le box-office hexagonal, dans ses deux premiers films avec Gérard Oury, en duo avec Bourvil, Le Corniaud (1964) et La Grande Vadrouille (1966), puis dans Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) et ses cinq suites, ou la trilogie Fantomas. En flic ­hystérique ou en commissaire irascible, de Funès incarne une France désuète, bourgeoise, policée.

Un homme de droite

Le comédien s’apprête à connaître une période très particulière de sa carrière, au cours de laquelle il tournera ses films les plus baroques : L’Homme-orchestre (1970) et Sur un arbre perché (1971), de Serge Korber ; La Folie des grandeurs (1972) et Les Aventures de Rabbi Jacob (1973), de Gérard Oury. Ce dernier film est à la fois son film le plus étonnant et l’un des plus populaires, comme si les esprits baroque et dada qui l’avaient dirigé avaient trouvé un écho incroyable dans ce début des années 1970. De Funès est au sommet de son art.

Il connaîtra un succès hors du commun avec plus de sept millions d’entrées, le plaçant en tête du box-office de l’année 1973. Et ce avec un sujet particulier : un industriel fortuné, raciste, pris dans un guet-apens tendu par des révolutionnaires arabes et devant, pour s’échapper, endosser la tenue et l’identité d’un rabbin. Le film, au croisement de la vague mémorielle lancée, en 1971, par la sortie du Chagrin et la Pitié, de Marcel Ophuls, et du contexte volatil du conflit israélo-palestinien, offre soudain une dimension politique au burlesque de Funès.

Les soubresauts de son temps le rendent furieux. Mai 68, par exemple. Il a pesté de voir le tournage du « Gendarme » s’interrompre

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