Marguerite Stern, féministe de combats

L’ex-Femen est l’initiatrice d’une campagne de collages dénonçant les féminicides. Portrait d’une activiste qui n’attend rien du Grenelle contre les violences conjugales, dont les premières propositions seront rendues le 28 octobre.

Par Publié le 26 octobre 2019 à 01h19 - Mis à jour le 26 octobre 2019 à 05h52

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Marguerite Stern dans le squat artistique Jardin Denfert, dans le 14e arrondissement parisien, en septembre.

Tout a commencé après la mort de Julie, le 3 mars 2019. La jeune Corse avait déposé cinq plaintes avant d’être tuée par balles par son ex-conjoint. Ensuite, il y a eu Martine, blessée mortellement le 5 mai par quarante coups de couteau donnés par son ex-mari…

Un soir, pour dénoncer l’apathie des autorités face aux violences conjugales, Marguerite Stern, une activiste de 29 ans, a peint des lettres noires sur des feuilles de format A4, les a assemblées et collées sur un mur pour former une phrase, porte d’Aix, à Marseille. Son idée : exposer aux yeux de tous la réalité brute, sans l’euphémiser en parlant de « crime passionnel » ou de « drame familial »…

« On nous fait croire qu’il y a encore besoin de parler, c’est faux ! Depuis que le Grenelle a été annoncé, vingt-six femmes sont mortes. Des actes ! »

Depuis, l’ancienne militante Femen, rompue à l’art de la punchline, a fait des émules. Un peu partout en France, de Bordeaux à Besançon en passant par Brest et Lyon, on voit fleurir des dazibaos dénonçant les féminicides : « Leur sang sur vos murs », « Plus écoutées mortes que vivantes », « 100e féminicide : battue à mort et laissée sous un tas d’ordures »…

Rien qu’à Paris, plus de 250 messages ont été collés la première semaine de septembre, pour le lancement de ce qui est devenu une grande campagne. À l’heure où les douze commissions constituées dans le cadre du Grenelle contre les violences conjugales s’apprêtent à rendre leurs premières conclusions, Marguerite Stern dit n’en « rien attendre ».

Pour elle, les pouvoirs publics n’ont pas pris la mesure du « massacre » : « Cent vingt et une femmes sont mortes depuis le 1er janvier. C’est une violence systémique, comme il existe un racisme systémique, un problème structurel de la société. On nous fait croire qu’il y a encore besoin de parler, c’est faux ! Depuis que le Grenelle a été annoncé, vingt-six femmes sont mortes. Des actes ! »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Dans les affaires de féminicides, les alertes négligées par les forces de l’ordre

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et les associations féministes demandent un milliard d’euros à l’État, répartis entre la police, la justice, l’éducation, l’hébergement d’urgence… « Nous ne portons pas de revendications plus détaillées, car nous ne travaillons pas sur le terrain avec les femmes victimes de violences conjugales, explique Marguerite Stern. Nous ne sommes pas des expertes, nous sommes des activistes. »

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