Lomepal met un grain de folie douce dans son rap

Après le succès de « Flip », premier album à la croisée du hip-hop, du rock et de la chanson française, le Parisien de 27 ans sort « Jeannine », qui porte le prénom et la folie de sa grand-mère maternelle.

Par Publié le 07 décembre 2018 à 06h38 - Mis à jour le 07 décembre 2018 à 06h38

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Lomepal, le 14 novembre, à Paris.
Lomepal, le 14 novembre, à Paris. JULES FAURE POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

Quand il parle, Lomepal a la même intonation de voix que sur ses disques. Le débit, d’abord très rapide, vire à l’extrême douceur. A tout juste 27 ans, Antoine Valentinelli est l’une des sensations hip-hop des dernières années. Son premier album, Flip, pour lequel il n’a pas hésité à porter les vêtements de sa mère et à se maquiller en femme sur la pochette, a été publié en juin 2017. Il est aujourd’hui certifié disque de platine (100 000 ventes). Son deuxième, Jeannine (le prénom de sa grand-mère maternelle), sorti le 7 décembre, fait perdurer ce juste équilibre entre les genres, notamment chanson et hip-hop. Car, s’il est estampillé rap, Lomepal sort des sentiers battus. Ainsi, pour réaliser Jeannine, il a fait appel au compositeur de musique électronique Superpoze, à trois beatmakers et, surtout, au réalisateur Pierrick Devin, ancien assistant de Philippe Zdar (Cassius, MC Solaar), qui a fait ses preuves avec le rappeur Nekfeu et les folkeux Lilly Wood and The Prick.

Une formule qui lui vaut aussi bien les faveurs du public rap « classique », qu’il a fréquenté dans les battles de hip-hop, que des hipsters ou des skateurs (dont il fait partie). Ce mélange de publics s’est retrouvé dans les festivals cet été. « Vous êtes beaux quand vous êtes fous » crie-t-il sur scène. Sa tournée reprend en janvier 2019 dans tous les Zénith de France.

« J’ai commencé à rouvrir les petits tiroirs de mon cerveau où il y avait toutes mes influences de jeunesse : le rock, le blues, le reggae, la chanson française. J’avais tout d’un coup plein de choses à dire. »

Ce joli garçon, « encore un peu gamin » de son propre aveu, s’amuse à raconter son parcours ainsi : « Dix fractures, six entorses. » Le MC a ses attaches dans le sud de Paris, où il a fait ses armes, proche des rappeurs du quinzième arrondissement L’Entourage et de ceux du treizième, son fief. Avec ses acolytes Jazzy Bazz ou Nekfeu, il suit une formation accélérée au rap, étudie et dissèque la musique des années 1990, s’essayant aux battles dans les squats ou sur YouTube. « De 2010 à 2013, j’ai vécu une période de rap dur, qui n’intéressait personne à part les rappeurs. J’avais alors mis mon passé sur pause, raconte-t-il. Nos textes se réduisaient grosso modo à “j’ai des meilleures rimes que toi”. J’utilisais les techniques les plus aiguisées de placements de rimes : c’était de la performance, du sport. »

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Une monomanie qui ne convenait pas à celui qui, au cours de son enfance, s’est nourri d’une multitude de genres musicaux. De sa mère, intervenante dans des cours d’arts plastiques, et de son père, lecteur-correcteur chez Gallimard, il a gardé le goût des jolis textes et des formules claquantes, comme celles de Serge Gainsbourg, Boris Vian ou Michel Berger, dont il cite, avec une fascination de jouvenceau, les compositions pour France Gall dans ses raps. Adolescent, il se nourrit de la musique, plus rock, de ses camarades skateurs, et écoute The Strokes, Arctic Monkeys, The Libertines.

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