Restaurant : du pain bénit chez Mokoloco

Croquer dans le sandwich boulette de bœuf panée, pickles, sauce à l’anchois de ce resto comptoir du 11e arrondissement de Paris est lourd de conséquences : après cela, il est tout à fait possible de développer une obsession, voire une addiction.

Par Publié le 11 janvier 2020 à 11h30

Temps de Lecture 2 min.

Marie Aline

La promesse

Sur le compte Instagram du Mokoloco, ouvert en décembre dans le 11e arrondissement de Paris, on découvre que :
– Ce resto comptoir microscopique est le petit frère de Mokonuts, un café bistro à la cuisine transculturelle situé à 400 mètres de là, et tenu par Omar Koreitem (ancien collaborateur d’Antonin Bonnet à l’époque du Sergent Recruteur) et Moko Hirayama, ex-pâtissière chez yam’Tcha.
– Celle-ci est fière de son boulanger qui fait le pain à la maison. Important pour une sandwicherie.
– La famille est superstitieuse puisque le premier post montre un maneki neko. Ce petit chat blanc en plastique qui lève la patte pour assurer prospérité à ceux qui l’hébergent. Cela rappelle les ­origines japonaises de Moko qui ­inspirent sa cuisine fast-good.

L’épreuve du réel

Boostés par le succès de Mokonuts, Moko Hirayama et Omar Koreitem auraient pu s’attendre à ce que la file d’attente soit longue devant leur sandwicherie haut de gamme, aménagée dans une ancienne laverie. Bonne surprise : les horaires d’ouverture permettent que ce comptoir en enfilade ne soit pas engorgé d’affamés. Ainsi l’ambiance est calme tandis que les planchas crépitent à gogo dans la cuisine ouverte. Les prénoms des mangeurs résonnent au rythme des plats qui sortent. Sur les petits plateaux de métal distribués directement par les cuisiniers, les volumes sont parfois vertigineux.

Dans un pain à burger maison, une énorme boulette de bœuf panée, autrement dit un katsu, s’élève vers les sommités. L’un des cuisiniers a la gentillesse de couper le sandwich en deux. Croquer dans cette sculpture comestible est lourd de conséquences : après cela, il est tout à fait possible de développer une obsession, voire une addiction. La mayonnaise aux anchois nappe et sale à la perfection la viande crousti-moelleuse, les pickles d’oignon vivifient ce qui pourrait s’avérer trop gras. La salade de pommes de terre à la puntarelle et au fenouil est comme une échappée vers une source d’eau fraîche, quand la salade de betterave joue une partition plus aigre-douce.

Quelques déceptions tout de même dans ce festin lèche-doigts : la soupe de pois cassés au jarret de porc, avec ses saveurs très France profonde, passe un peu pour l’intrus de la carte. De son côté, le sandwich fromage-pleurotes aurait mieux fait d’être complètement végan plutôt que végétarien : l’acidité du fromage casse la finesse des arômes des champignons. Le sandwich au poulpe et au tahini, lui, est sans peur et sans reproche. Il va droit au but en incarnant la jouissance la plus totale. Même plaisir au moment du dessert : le brownie saisit par son fondant et son amertume caféinée. Le chiffon cake au citron, glaçage maxi-sucre, ramène en enfance, et le gâteau pavot-poire est digne des grands-mères les plus expérimentées.

Alors que le boulanger descend au sous-sol pour vérifier la levée de son pain, le rythme reste soutenu en cuisine. Le maneki neko veille au grain.

L’adresse Mokoloco, 74, rue de Charonne, 75011 Paris. Ouvert du mardi au samedi, service non-stop de 11 h 30 à 17 heures.

L’addition  À la carte autour de 20 €.

L’incontournable Le sandwich boulette de bœuf panée, pickles, sauce à l’anchois.

La sentence Savoureux, addictif, accessible, imprévisible, multiculturel : les adjectifs ne manquent pas pour raconter la folie bienheureuse de Mokoloco.

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