La seconde vie amère de l’ex-majordome des Bettencourt

Les enregistrements clandestins de Pascal Bonnefoy ont fait condamner François-Marie Banier pour abus de faiblesse. Contraint de quitter une profession où la discrétion fait loi, il s’est reconverti dans l’hôtellerie en Bretagne. Un exil qu’il vit comme un déclassement.

Par Publié le 06 juillet 2016 à 12h01 - Mis à jour le 08 juillet 2016 à 17h53

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Depuis 2012, Pascal Bonnefoy gère, avec son épouse, deux hôtels dans les Côtes-d’Armor, dont un à Binic.

Pascal Bonnefoy, le majordome “enregistreur” de la maison Bettencourt, ne veut plus parler de « l’affaire qui lui gâche la vie ». Tendu, le visage fermé, il enchaîne les cigarettes devant l’hôtel qu’il dirige désormais depuis quatre ans à Binic, dans les Côtes-d’Armor. A 53 ans, il tente de refaire sa vie avec sa femme et sa fille. Sa silhouette d’acteur des années 1950 s’est un peu ternie, alourdie par les kilos. Les chemises à motifs et les baskets New Balance ont remplacé les costumes sombres qu’il portait à Neuilly. Il a le sourire rare.

Le juge Roger Le Loire devait convoquer jeudi 7 juillet Françoise Meyers, la fille de Liliane Bettencourt, en vue d’une mise en examen pour subornation de témoins. Mais l’ex-majordome devrait souffler un peu : principal témoin à charge contre le photographe François-Marie Banier, condamné en première instance avec quatre autres prévenus pour abus de faiblesse sur la femme la plus riche de France, Bonnefoy est l’un des seuls employés des Bettencourt impliqué dans l’affaire à ne pas être poursuivi pour faux témoignage. L’enquête menée par la section de recherche de la gendarmerie de Paris a en effet établi que la comptable Claire Thibout avait passé un accord confidentiel avec Françoise Meyers en juillet 2007 et touché quelque 400 000 euros à la suite de son témoignage contre Banier. Quatre autres salariées, qui avaient rédigé des attestations accablant le photographe, sont également poursuivies pour faux témoignage.

La crainte du harcèlement médiatique

Seul Pascal Bonnefoy, dont les vingt heures d’enregistrement clandestin ont fait basculer « l’affaire Bettencourt », semble donc avoir agi sans contrepartie. « Pour l’honneur d’une famille qui m’a tout appris, qui m’a poli », tient-il à préciser. Il n’en a pas pour autant fini avec la justice. Le serviteur qui aimait jouer de l’enregistreur numérique comparaîtra en début d’année prochaine : François-Marie Banier a déposé contre lui une plainte pour atteinte à l’intimité de la vie privée. Une perspective qui terrasse l’ex-valet de chambre d’André Bettencourt. Lui qui, jusqu’à aujourd’hui, n’avait accordé qu’une seule interview – à Vanity Fair en 2013 –, redoute d’être à nouveau traqué par les médias. Aujourd’hui associé, avec Soizic et Christophe Loiget, un couple d’amis de trente ans, dans la gestion de deux hôtels – l’Edgar, à Saint-Brieuc, et le Benhuyc, à Binic –, il peine à tourner la page et vit englué dans la nostalgie des quatorze années passées à Neuilly au service des Bettencourt.

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