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Les Pieds nickelés de l'évasion fiscale

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Publié le 20 mars 2015 à 18h44 - Mis à jour le 23 mars 2015 à 16h19

Armand savait qu’il jouait gros, mais il n’a pas hésité longtemps. Le jeune entrepreneur, ­dirigeant d’une entreprise de nettoyage industriel à Paris, s’est rendu à Genève en octobre dernier, décidé à rapatrier son argent en France dans le dos du fisc. Sur le toit de sa Mercedes Classe C, il avait même eu l’idée de fixer des paires de ski. C’est au retour, à Bonneville (Haute-Savoie), sitôt franchi la frontière franco-suisse, qu’il s’est fait pincer par les douaniers. Trahi, justement, par les skis. Les stations de sports d’­hiver de Romandie n’avaient pas encore ouvert leurs domaines. Confondu, ensuite, par une carte de retrait magnétique non siglée – comme en distribuent les ­discrètes banques helvètes – restée dans sa poche. Hilares, les gabelous ont fouillé le véhicule et n’ont pas tardé à mettre la main sur ce qu’ils cherchaient : 300 000 euros planqués dans un siège bébé. Quelques heures plus tard, Armand était mis en examen pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale par une juge savoyarde.

Le quadragénaire parisien est loin d’être le seul ­épargnant français disposant d’un compte non déclaré en Suisse à avoir tenté de rapatrier frauduleusement ses avoirs. Comme lui, selon les chiffres que vient d’annoncer la direction générale des douanes, qui observe cette étrange tendance depuis deux ans, 1 389 personnes ont été interpellées pour « manquement à l’obligation déclarative » en 2014. « Victimes d’un coup de panique générale », plaident en cœur leurs avocats.

« Ni assistance, ni dédommagement »

Depuis qu’en décembre dernier, la Suisse a signé, avec 50 autres pays, une convention internationale prévoyant l’échange automatique d’in­formations entre administrations fiscales à partir du 1er ­janvier 2017, le secret bancaire a pris un coup dans l’aile. Dans cette perspective, les établissements les plus « courtois » ont ces derniers mois adressé à leurs clients français des courriers les enjoignant à régulariser leur situation auprès du ministère des finances, sans quoi ils seraient dénoncés. Ambiance.

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