Biographie. « Gertrude Stein », de Philippe Blanchon : une palette littéraire

Philippe Blanchon relate avec une sensibilité probante l’écrivaine américaine, le Tout-Paris artiste de son temps, le goût d’une époque.

Par Publié le 27 juin 2020 à 17h00

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« Gertrude Stein », de Philippe Blanchon, Folio, « Biographies », inédit, 312 p., 9,70 €, numérique 9,50 €.

« Une rose est une rose est une rose est une rose », écrit en 1913 Gertrude Stein (1874-1946) dans son poème Sacred Emily. Alors avant-gardiste, formellement inouï, le vers est aujourd’hui repris partout (et par tous, d’Ernest Hemingway à Stephen King). Une notoriété à laquelle Gertrude Stein, autrice d’une somme de plus de 900 pages – Américains d’Amérique (1925 ; Stock, 1933) – et objet de l’instructive biographie que voici, a aspiré en vain toute sa vie.

L’Américaine fut, avec sa compagne Alice Toklas, l’amie du Tout-Paris artiste d’alors. C’est pendant qu’elle pose pour ­Picasso que « Miss Stein » met au point ce qui deviendra sa signature : la traduction en littérature de procédés picturaux contemporains. « Comme le pinceau va et vient, écrit Philippe Blanchon, les phrases s’élaborent dans son ­esprit, ponctuées par de nombreux dialogues, en même temps qu’elle invente le “présent ­continu” : son style est en train de naître. » Stein emprunte ainsi à Cézanne sa palette restreinte et la manière dont il superpose de petites touches de couleur – elle préfère au terme « répétitions », que ses détracteurs lui opposent en fustigeant aussi sa grammaire contrariée, celui d’« insistances ».

Si Philippe Blanchon relate avec une sensibilité probante la construction de la poétique littéraire de Gertrude Stein, c’est dans les éclairages qu’apporte l’histoire éditoriale (la véritable colonne vertébrale de cette biographie) que le livre convainc. Derrière les mésaventures de Gertrude Stein, longtemps « écrivaine sans éditeur », le biographe documente précisément le goût d’une époque. Obsédés par le renouveau ­esthétique, peinant pourtant à le reconnaître lorsqu’il se présente, les contemporains de Gertrude Stein passeront à côté de son œuvre. Celle-ci, pourtant, aurait mérité mieux.

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