Le combat d’une femme pour ses droits, celui de parents pour la vérité… notre sélection littéraire

Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » propose une sélection de ses coups de cœur littéraires.

Publié le 13 février 2020 à 00h04 - Mis à jour le 13 février 2020 à 05h27

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LA LISTE DE LA MATINALE

Au menu cette semaine, des parcours de combattants : l’histoire d’une flambée de violence dans la banlieue de Londres à travers le destin de trois amis d’enfance, le roman de l’émancipation d’une jeune femme entre la France des années 1950 et les Etats-Unis des années 1960, la traque impossible de parents après l’enlèvement de leur fille…

ROMAN. « Au rythme de notre colère », de Guy Gunaratne

Elle court sur le terrain de football, résonne entre les tours de la cité des Stones, et contre le mur de la mosquée de Neasden, dans la banlieue de Londres. Elle jaillit des entrailles de sa « jeune nation de bâtards », ces « petites catastrophes » nées de parents arrivés par bateau ou par avion, « Jamaïcains, Gitans irlandais, Nigérians, Ghanéens, Indiens du Sud ou encore Bengalis », et désormais Polonais. Elle se nourrit des accents et des cuisines, du là-bas que les aînés ont quitté et de l’ici, dur et gris, devenu un foyer. La langue de Londres, résolument créole, est le personnage principal d’Au rythme de notre colère.

Elle confère au premier roman de Guy Gunaratne son rythme entêtant et nerveux, en même temps qu’elle raconte une histoire de l’Angleterre, changeant de lexique et de cadence en fonction du narrateur. Ils sont au nombre de cinq. Trois amis d’enfance : Yusuf, Ardan, Selvon, respectivement d’origine pakistanaise, antillaise et irlandaise. Puis Caroline, la mère d’Ardan, et Nelson, le père de Selvon.

L’action, inspirée d’un fait réel datant de 2013, commence avec une vidéo montrant un « enfant noir » revendiquer le meurtre d’un jeune soldat britannique, puis appeler au djihad. Son destin met le feu à Londres, annonçant une confrontation funeste entre skinheads et djihadistes salafistes, qui ont pris le contrôle de la mosquée de Neasden.

Au rythme de notre colère n’est pas une fable morale. Ceux qui survivent sont ceux qui fuient, chez Gunaratne, « prêts à courir, à courir encore et toujours, à courir à jamais, juste pour prouver que c’est possible ». Gladys Marivat

« Au rythme de notre colère » (In Our Mad and Furious City), de Guy Gunaratne, traduit de l’anglais par Laurent Trèves, Grasset, « En lettres d’ancre », 366 p., 23 €.

ROMAN. « La Femme révélée », de Gaëlle Nohant

La Femme révélée suit les mouvements d’émancipation de son héroïne, Violet Lee, dans la France des années 1950 puis dans l’Amérique des années 1960. Autour du destin individuel de la jeune femme, issue d’un milieu universitaire progressiste, se dessine une histoire des combats pour la liberté qui ont traversé le monde occidental, au long du XXe siècle.

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