Biographie. Rudolf Hess l’éconduit

Pierre Servent s’appuie surtout sur les archives britanniques pour comprendre ce nazi (1894-1987), à travers la nature de sa relation avec Hitler.

Par Publié le 19 septembre 2019 à 09h00

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Rudolf Hess (1894-1987).
Rudolf Hess (1894-1987). Olivier Balez

« Rudolf Hess. La dernière énigme du IIIe Reich », de Pierre Servent, Perrin, 496 p., 25 €.

Pourquoi Rudolf Hess (1894-1987), adjoint et dévot absolu d’Hitler, s’est-il envolé pour l’Ecosse en pleine guerre, le 10 mai 1941 ? Pour résoudre cette énigme, l’officier et journaliste Pierre Servent s’appuie surtout sur les archives britanniques, ­notamment les plus récentes, ouvertes en 2017 et 2019. Plus ­surprenant, il recourt à l’expertise de deux graphologues, qui concluent à partir de l’écriture d’Hess à sa « sombre dualité », entre rébellion et servilité.

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A l’aune de ce profilage, l’auteur étudie la nature de la relation entre Hess et Hitler. Meurtri par la défaite de 1918, l’ancien pilote de chasse Hess attend le « sans-nom » qui viendra redresser l’Allemagne. Fils de riches commerçants né à Alexandrie, parlant français et anglais, il se met au service du petit caporal autodidacte, aux origines modestes. L’auteur mesure l’emprise psychologique de l’« Autrichien » sur l’« Egyptien », de leur rencontre en 1920 à leur incarcération à la prison de Landsberg en 1924. Très vite, Hess n’a plus qu’un objectif : être près de son héros.

Un amour déçu pour le Führer

Suivant l’intuition des dirigeants britanniques, Pierre ­Servent ­privilégie la thèse d’un amour déçu pour le Führer. La distance que celui-ci lui impose après sa prise du pouvoir en 1933 lui est à ce point insupportable qu’Hess finira par opter pour la prise de risque maximale – le raid aérien solitaire, qui lui vaudra d’être détenu par les Britanniques jusqu’à la fin de la guerre, avant d’être condamné à la prison à perpétuité à Nuremberg – afin de regagner avec panache l’affection d’Hitler.

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Ecartant l’hypothèse d’une ­défection par hostilité au régime, l’auteur montre de façon ­convaincante que Rudolf Hess, dépendant du maître, a voulu au contraire le sauver en négociant une paix séparée avec la Grande-Bretagne, geste raisonné mais ô combien naïf.

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