Coronavirus : âge, sexe, département… la hausse de la mortalité française en sept graphiques

Depuis le début de l’épidémie, à l’aide des données remontées par l’état civil, l’Insee observe une surmortalité, notamment dans les zones les plus touchées par le Covid-19 et parmi les plus âgés.

Par , et Publié le 22 mai 2020 à 15h59 - Mis à jour le 22 mai 2020 à 16h51

Temps de Lecture 2 min.

Peut-on estimer le nombre de victimes du Covid-19 en France ? Chaque soir, la direction générale de la santé (DGS) communique le nombre de personnes mortes des suites de la maladie. Jusqu’au 2 avril, ce bilan ne prenait en compte que les morts en milieu hospitalier mais inclut depuis les personnes âgées qui ont succombé à la maladie dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou un établissement médico-social.

Cependant, ces chiffres n’incluent pas les malades non testés ou ceux qui sont morts sans passer par l’hôpital. Pour tenter d’estimer la surmortalité, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie chaque semaine un décompte par département des décès, que l’on peut comparer à ceux de 2018 et 2019. Les dernières données diffusées, vendredi 15 mai, montrent que l’excès de mortalité par rapport à 2018 et 2019 a nettement décru, après avoir atteint un pic fin mars.

MÉTHODOLOGIE

  • En l'absence de remontée, dans ces données, sur les causes de décès, il n'est pas formellement possible de lier la hausse de la mortalité au Covid-19
  • Les chiffres communiqués sont provisoires et sont susceptibles d'être révisés, comme l'explique l'Insee dans sa note méthodologique. Une comparaison rigoureuse exigerait de prendre en compte les différences entre la période considérée en 2020 et la même période en 2018 et 2019 : météo, vacances, jours féries, grippe, etc.
  • Il existe un délai entre le moment où une personne meurt et le moment où son décès est pris en compte par l'Insee. Les données ici présentées sont celles allant jusqu'au 15 mai, ou au 11 mai, selon les cas. Ce léger délai est dû à la manière dont les communes transmettent ces données : si les grandes villes le font électroniquement, certaines communes envoient encore parfois des déclarations papier, plus longues à remonter jusqu'à l'Institut.
  • En raison de problèmes techniques affectant la mairie de Marseille, les données concernant les Bouches-du-Rhône sont « plus fragiles que celles des autres départements et seront davantage révisées», précise l'Insee.

1. Une surmortalité marquée à partir de la mi-mars

On observe à partir de la mi-mars une inflexion de la courbe des décès cumulés, dont le profil se distingue assez nettement de ceux de 2018 et 2019. Entre le 1er mars et le 11 mai, on comptait 145 388 décès en 2020, contre 120 476 en 2019 et 127 877 en 2018.

Il n’est pas possible d’établir un lien formel entre cette hausse de la mortalité et le Covid-19, car figurent dans ces cumuls tous les décès survenus en France, quelle qu’en soit la cause. Cependant, on observe une corrélation nette entre le début de l’épidémie et le moment où la mortalité augmente.

Evolution de la mortalité en France

Nombre de décès cumulés, toutes causes confondues, du 1er mars au 13 avril.

Source : Insee

2. Une mortalité désormais inférieure à celle de 2018 et 2019

Cette même tendance s’observe en regardant non pas les cumuls, comme dans le graphique précédent, mais le nombre de décès constatés chaque jour.

La surmortalité constatée sur cette période a atteint un maximum au tout début du mois d’avril. Depuis, elle a entamé une baisse irrégulière, le nombre de morts est, chaque jour depuis le début du mois de mai, inférieur aux niveaux de 2018 et 2019.

Evolution de la mortalité en France

Nombre de décès quotidiens, toutes causes confondues, du 1er mars au 13 avril.

Source : Insee

3. Une majorité de morts à l’hôpital

La grande majorité des décès survenus depuis le 1er mars ont eu lieu à l’hôpital ou en cliniques privées, ce qui était également le cas les années précédentes. Les décès survenus en Ehpad ou à domicile sont en nette hausse par rapport aux années précédentes.

Lieu des décès survenus entre le 1er mars et le X mai

Données provisoires par lieu de décès, tous modes de transmission, tous départements, toutes causes confondues.

Source : Insee

4. Le Grand-Est et l’Ile-de-France particulièrement touchés

En l’absence de remontée sur les causes de décès, il n’est pas formellement possible de lier la hausse de la mortalité au Covid-19. Mais dans les régions fortement touchées par l’épidémie, comme le Grand-Est et l’Ile-de-France, on peut supposer que l’importante mortalité qui y est observée est liée au Covid-19.

Cette carte représente l'excès de mortalité mesuré par l'Insee entre le 1er mars et le 23 avril 2020 en comparant la moyenne des décès observés sur cette période par rapport à la même période en 2018 et 2019. Sélectionnez les cercles pour afficher les nombres absolus et le détail dans chaque département où la mortalité a augmenté.
Surmortalité en 2020 comparée à 2018 et 2019 Paris et la petite couronne Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
Source : Insee

5. Une surmortalité croissante avec l’âge

Dans le graphique ci-dessous, on observe que la mortalité des plus jeunes (moins de 50 ans) est similaire à celle des années précédentes – la ligne noire représente la moyenne des décès dans les tranches d’âge en 2018-2019.

Pour les 65-74 ans, il existe une surmortalité plus facilement observable, notamment chez les hommes. Cette surmortalité s’accentue encore pour les catégories d’âge supérieures.

Répartition des décès survenus entre le 1er mars et le 19 avril
Données provisoires par âge et par sexe, tous modes de transmission, tous départements. D'après l'Insee, les 0-64 ans représentent près de 80% de la population, contre 11% pour les 65-74 ans, 6% pour les 75-84 ans et 3,4% pour les plus de 85 ans.

6. La surmortalité par âge et sexe dans chaque département

Structure des décès par âge du 1er mars au 19 avril

Tous modes de transmission.

Source : Insee

Structure des décès par sexe du 1er mars au

Tous modes de transmission.

Source : Insee
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