Quand Agnès Buzyn « ne pouvait pas » être candidate aux municipales

La nouvelle prétendante LRM à la Mairie de Paris est critiquée pour avoir dit, vendredi encore, qu’elle ne serait pas candidate. Un « revirement » pas si évident.

Par Publié le 17 février 2020 à 14h09 - Mis à jour le 17 février 2020 à 14h20

Temps de Lecture 2 min.

Une « petite phrase » se retient vite, se détourne, se propage de réseau en réseau et se retourne contre la personne qui en est à l’origine. Parfois à tort, car les propos réellement tenus sont moins caricaturaux. Le but de ce format est de rendre compte, factuellement, du contexte dans lequel ils ont été prononcés.

La « petite phrase »

Agnès Buzyn était l’invitée de France Inter vendredi 14 février. « Je ne pourrai pas être candidate aux municipales », a-t-elle assuré, évoquant un « agenda très chargé » auquel s’est rajoutée « la crise du coronavirus ». Mais, dimanche 16 février, c’est la ministre de la santé et des solidarités qui a finalement été désignée candidate de La République en marche (LRM) à la Mairie de Paris. Elle remplace ainsi Benjamin Griveaux, qui a renoncé après la diffusion de vidéos intimes.

Dans ce contexte, les déclarations d’Agnès Buzyn sur France Inter, deux jours plus tôt, ont rapidement fait les choux gras de ses opposants. « Girouette, pirouette, cacahuète ! », ironise ainsi l’eurodéputé Rassemblement national (RN) Gilbert Collard sur Facebook ; Anne-Sophie Frigout, vice-présidente de Debout la France (DLF), juge, quant à elle, la ministre de la santé « irresponsable ».

Capture d’écran d’un photomontage réalisée par une membre de Debout la France sur Facebook dénonçant le revirement d’Agnès Buzyn.
Capture d’écran d’un photomontage réalisée par une membre de Debout la France sur Facebook dénonçant le revirement d’Agnès Buzyn. Facebook.com / Anne-Sophie Frigout

LE CONTEXTE

Les propos d’Agnès Buzyn sur France Inter méritent d’être remis dans le contexte du vendredi 14 février. La ministre était présente à la radio à 8 h 20. A ce moment précis, Benjamin Griveaux est toujours officiellement candidat à la Mairie de Paris (l’annonce de son retrait est intervenue à 9 heures environ).

Le journaliste Ali Baddou l’interroge sur la situation du candidat LRM, en mauvaise posture à cause de la diffusion de vidéos intimes : « Qu’est-ce que ça vous inspire ? » La ministre répond n’avoir « pas de commentaire à faire » à ce sujet. « Vous serez candidate aux municipales ? », lui demande alors le journaliste de France Inter. La réponse de l’intéressée est la suivante :

« Je ne pourrai pas être candidate aux municipales. (…) J’avais déjà un agenda très chargé, vous l’avez dit vous-même. J’ai beaucoup de réformes aujourd’hui dans le ministère, et s’est rajouté un surcroît de travail inattendu, malheureusement, qui est cette crise du coronavirus qui aujourd’hui m’occupe énormément. Et donc j’avais dit à Benjamin Griveaux, malgré mon soutien, que je ne pourrai pas m’engager auprès de lui. »

L’hypothèse d’une candidature d’Agnès Buzyn aux municipales à Paris en soutien à Benjamin Griveaux avait en effet été évoquée à plusieurs reprises ces derniers mois. La ministre y avait finalement renoncé, selon elle, en raison de son agenda, comme elle l’affirmait déjà sur RTL le 26 janvier : « J’ai envie de rejoindre la campagne de Benjamin Griveaux [mais] je préfère être concentrée sur mes dossiers ministériels. »

« Abandon de poste »

Le renoncement de Benjamin Griveaux a depuis bouleversé la campagne municipale à Paris. Et c’est dans un contexte changé qu’Agnès Buzyn a été désignée. Avec une différence de taille : il s’agit cette fois d’être candidate à la succession d’Anne Hidalgo à Paris et non seulement de figurer sur une des listes de la majorité présidentielle qui se présente dans les arrondissements parisiens.

La candidate a annoncé, dès dimanche, quitter ses « fonctions ministérielles tant le surcroît d’activité intense, notamment lié à la gestion du coronavirus, demande une implication totale ». Elle est remplacée par Olivier Véran, un neurologue de 39 ans.

« Girouette » ou pas, la désormais ex-ministre de la santé et des solidarités a été depuis critiquée pour son choix. Emmanuel Grégoire, le directeur de campagne d’Anne Hidalgo, y voit ainsi un « abandon de poste », quand le candidat dissident de LRM, Cédric Villani, dénonce un choix qui « fragilise l’exécutif en pleine crise sanitaire ».

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