Ma journée avec l’exorciste du Vatican

Chaque matin, les fidèles font la queue pour bénéficier des « services » de Don Vincenzo, prêtre exorciste de la paroisse Santa Maria in Traspontina.

Par Bénédicte Lutaud Publié le 06 juin 2020 à 06h00 - Mis à jour le 26 juin 2020 à 10h44

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Portrait du Père Vincenzo Taraborelli, exorciste, dans l’église Santa Maria in Traspontina.

(Cet article a initialement été publié dans Le Monde des religions n° 85, septembre-octobre 2017.)

Il est encore tôt ce lundi matin, mais déjà, des dizaines de fidèles se pressent sur le parvis de l’église Santa Maria in Traspontina, à quelques pas du Vatican. A l’intérieur, tous se dirigent directement vers la chapelle située à gauche du chœur, près de l’entrée de la sacristie. Le dos courbé, la tête penchée, menton collé à la poitrine, un prêtre âgé apparaît, l’air bougon. A chacun, il distribue un petit ticket par ordre d’arrivée. La messe de 7 h 30 va commencer.

Officiellement, le Vatican n’a plus d’« exorciste en chef » : le dernier en date, le célèbre père Gabriele Amorth, est décédé en septembre 2016. Depuis, le père Vincenzo Taraborelli, religieux carme et prêtre de cette église située à 200 mètres de la place Saint-Pierre, est pourtant considéré comme son successeur officieux.

Des personnes très, très dérangées

Avec le bouche-à-oreille, les fidèles sont toujours plus nombreux à venir le solliciter. « Hier, je me suis levé à 5 h du matin, et je me suis couché à 1 h 15 », confie le prêtre âgé de plus de 80 ans. Le diocèse de Rome compte huit exorcistes, « mais certains sont très âgés, d’autres malades. Au final, nous sommes très peu ». Et la proximité avec la place Saint-Pierre n’aide pas : « L’an dernier, un archevêque du Vatican m’a appelé à la rescousse : il n’y a pas d’exorciste à la basilique Saint-Pierre, et il y avait une personne très dérangée. En réalité, tout évêque ou cardinal peut être exorciste, mais peu sont habitués. »

Lire aussi Le Vatican reconnaît une association des exorcistes

Chaque matin, il reçoit individuellement une trentaine de personnes. « Je distribue jusqu’à 25 tickets, mais certains viennent de loin et me supplient de les écouter. On vient même de France ! » Après la messe, Don Vincenzo se présente aux fidèles : « Je m’occupe de personnes très, très dérangées. Je fais de l’exorcisme : je chasse les démons au nom de Jésus et de l’Eglise. C’est mon vrai service. Mais je me rends aussi disponible aux personnes qui ont d’autres problèmes. » Comme la grande majorité des fidèles venus le solliciter ce matin. Il les écoute, les rassure, récite avec eux une « prière de libération » ou de « guérison ». Et « n’hésite pas à les envoyer consulter des amis psychiatres ».

« Alors que je lisais la Bible chez moi, j’ai vu une ombre noire apparaître sur un mur. J’étais pétrifiée. »

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