Coronavirus dans le monde : le Brésil menace de quitter l’OMS, levée des restrictions en Europe

Le Covid-19 a fait au moins 395 977 morts dans le monde. La maladie continue sa progression en Amérique du Sud, notamment au Brésil, désormais le troisième pays le plus meurtri.

Le Monde avec AFP et Reuters Publié le 06 juin 2020 à 04h26 - Mis à jour le 06 juin 2020 à 22h50

Temps de Lecture 6 min.

La pandémie due au nouveau coronavirus a fait 397 179 morts dans le monde depuis son apparition, en décembre en Chine, selon le dernier bilan diffusé par l’Agence France-presse (AFP), établi samedi 6 juin à partir de sources officielles. Les Etats-Unis sont officiellement le pays le plus touché tant en nombre de morts qu’en nombre de cas (109 497 décès pour 1,8 million de cas). Viennent ensuite le Royaume-Uni avec 40 465 morts, le Brésil (35 026 morts), l’Italie (33 846) et la France (29 142). La propagation du virus s’est accélérée en Amérique latine, où le Brésil est devenu jeudi le troisième pays le plus endeuillé au monde.

Lire aussi Infections, tests, courbes ou données brutes : bien lire les chiffres sur le coronavirus

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié vendredi de nouvelles directives concernant le port du masque, qu’elle recommande désormais en cas de « transmission généralisée » et lorsqu’il est difficile de maintenir une distance physique, « par exemple dans les transports publics, dans les magasins ou dans d’autres milieux fermés ou très fréquentés ».

  • Jair Bolsonaro menace de quitter l’OMS

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, lors de l’inauguration d’un hôpital de campagne à Aguas Lindas, dans l’Etat de Goias, au Brésil, le 5 juin.

A l’instar de son homologue américain Donald Trump, le président brésilien, Jair Bolsonaro, a menacé vendredi de retirer son pays de l’OMS pour protester contre le « parti pris idéologique » de l’organisation onusienne. « Je vous le dis ici, les Etats-Unis sont partis de l’OMS, nous y songeons, à l’avenir, a-t-il déclaré à la presse à Brasilia. Soit l’OMS travaille sans parti pris idéologique, soit nous la quittons aussi. Nous n’avons pas besoin de gens de l’extérieur pour donner leur sentiment sur la santé ici. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : l’OMS, une institution indispensable, mais à rénover

Tout au long de la crise sanitaire, M. Bolsonaro a imité Donald Trump en minimisant la gravité de la maladie, en exhortant à maintenir une activité économique normale, et en vantant l’efficacité d’un traitement qui divise les scientifiques, l’hydroxychloroquine. Le Brésil est depuis jeudi le troisième pays comptant le plus de morts : 35 026 décès répertoriés (dont 1 005 entre jeudi et vendredi) et plus de 645 000 cas. Un nombre que bien des spécialistes considèrent comme largement sous-évalué, faute de tests en nombre suffisant.

Face à cette « vague » de contaminations, le Paraguay a affirmé vendredi qu’il refusait de rouvrir sa frontière avec le Brésil. Des commerçants paraguayens privés de leurs clients frontaliers avaient plaidé pour cette réouverture, mais, d’après le directeur de la veille sanitaire, Guillermo Sequera, elle serait prématurée. « La situation au Brésil est assez chaotique… Nous allons attendre que passe la vague au Brésil », a-t-il déclaré à la presse.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Devenu épicentre de l’épidémie de Covid-19, le Brésil préoccupe ses voisins

Dans le reste de l’Amérique latine, la maladie continue sa progression galopante, mettant sous pression les systèmes de santé. Au Mexique, le virus a contaminé 110 026 personnes et a causé 13 170 morts, selon un bilan communiqué samedi. Au Nicaragua, la Fédération internationale des droits de l’homme a accusé le gouvernement de cacher la gravité de l’épidémie, qui aurait fait 46 morts selon le ministère de la santé.

Le Chili a enregistré 93 morts du Covid dans les dernières vingt-quatre heures, le plus important depuis le début de la pandémie dans le pays en mars, a annoncé le gouvernement, samedi. Le bilan total est désormais de 1 541 morts.

  • Pour Donald Trump, les Etats-Unis ont « largement surmonté » la crise

Plus au nord, le président américain, Donald Trump, a assuré vendredi que les Etats-Unis avaient « largement surmonté » la crise. Commentant les chiffres du chômage en mai (13,3 %, alors que les plus pessimistes craignaient presque 20 %), M. Trump a vanté la « force » de l’économie américaine. « Cette force nous a permis de surmonter cette horrible pandémie, nous l’avons largement surmontée », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche. En Californie, par exemple, les tournages de cinéma et de télévision pourront reprendre à compter du 12 juin. En Floride, le parc d’attractions Universal d’Orlando a rouvert vendredi, le premier parmi les nombreux grands parcs d’attractions fermés par l’Etat il y a près de trois mois.

Lire aussi Les Etats-Unis ont créé 2,5 millions d’emplois en mai, la thèse d’un rebond rapide de l’économie confortée

Les Etats-Unis comptent 109 000 morts du Covid-19, selon le comptage vendredi soir de l’université Johns-Hopkins, qui fait référence, dont 922 entre jeudi et vendredi. Plus de 1 894 000 cas ont, par ailleurs, été recensés, d’après l’université.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Johns Hopkins University, vigie mondiale de l’épidémie due au coronavirus
  • La vie reprend ses droits en Europe

Rassemblement sur la place Puerta del Sol, à Madrid, pour observer une minute de silence lors de la dernière journée du deuil officiel de dix jours en hommage aux personnes mortes du Covid-19, vendredi 5 juin 2020, en Espagne.

En Europe, où les mesures de déconfinement se multiplient, l’Irlande va procéder dès lundi à des allégements, avec la réouverture de tous les commerces, hors centres commerciaux, en attendant la fin des restrictions de déplacement, le 29 juin.

De son côté, la Suisse a décidé vendredi de rouvrir plus tôt que prévu ses frontières avec tous les pays de l’Union européenne (UE), le 15 juin, une mesure réclamée par l’Italie, dont la frontière avec son voisin dans les Alpes devait rester fermée au moins jusqu’au 6 juillet. La République tchèque a, elle aussi, décidé de rouvrir ses frontières avec l’Autriche et l’Allemagne, dix jours plus tôt que prévu. Chypre accueillera dès mardi les touristes, offrant de couvrir leurs frais de santé en cas de contamination sur l’île.

Les ministres de l’intérieur ont tenté vendredi de trouver un accord pour rouvrir de manière coordonnée les frontières internes et externes de l’UE, fermées depuis mars. La majorité des Etats a accepté la date du 15 juin pour lever les restrictions de circulation instaurées au sein de l’espace Schengen, mais certains Etats préfèrent décider seuls. Le chef de la diplomatie belge, Philippe Goffin, a déploré samedi le manque de coordination. « On est demandeurs d’une telle coordination, mais ça ne fonctionne pas. Certains pays sont entrés dans une forme de concurrence touristique », a-t-il dénoncé dans un entretien au quotidien La Libre Belgique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : le casse-tête des frontières européennes à l’approche des vacances d’été
  • Inquiétude face au risque d’une deuxième vague en Iran

Le président iranien, Hassan Rohani, a averti samedi que la lutte contre le Covid-19 était encore loin d’être gagnée et a appelé ses compatriotes à se préparer à vivre « longtemps » avec le virus. Les gens ne doivent pas croire que « cette maladie sera éliminée dans quinze jours ou un mois : nous devons donc suivre les consignes [sanitaires] pour longtemps », a indiqué M. Rohani lors de la réunion hebdomadaire du comité national de lutte contre la pandémie, diffusée à la télévision d’Etat.

Selon le bilan officiel, la pneumonie virale a provoqué plus de 8 200 morts en Iran, ce qui fait de la République islamique le pays du Moyen-Orient le plus touché par l’épidémie. Depuis un point bas le 2 mai, la tendance à la hausse du nombre de nouveaux cas inquiète les autorités, alors que les restrictions ont été levées dès avril sous la pression économique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Iran, inquiétude face aux signes d’une deuxième vague de Covid-19
  • Les autorités afghanes redoutent une « catastrophe »

En Afghanistan, les autorités ont déclaré, samedi, s’attendre à une « catastrophe » alors que l’épidémie progresse rapidement. « Quasiment tous nos lits [d’hôpital] sont occupés, nous n’aurons bientôt plus aucune capacité d’accueil », a alerté le ministre de la santé. Le nombre de cas de contamination au coronavirus s’avère supérieur à celui attendu, y compris à Kaboul, la capitale.

L’Afghanistan a enregistré officiellement 761 nouveaux cas de Covid-19 lors des dernières vingt-quatre heures, portant le total des malades à 19 551 cas. Jusqu’à présent, le nombre officiel de décès pour l’ensemble du pays est de 327. Un nombre jugé largement inférieur à la réalité.

  • Verdict de Recovery sur l’hydroxychloroquine

En ce qui concerne les traitements, la polémique se poursuit quant à l’efficacité de l’hydroxychloroquine. Elle ne montre « pas d’effet bénéfique » pour les malades du Covid-19, selon les responsables de l’essai clinique britannique Recovery, qui ont annoncé dans un communiqué l’arrêt « immédiat » de l’inclusion de nouveaux patients pour ce traitement.

Recovery, premier essai clinique majeur à livrer des résultats très attendus, était l’un des seuls à n’avoir pas suspendu ses tests sur l’hydroxychloroquine après une étude controversée publiée dans la revue The Lancet, retirée depuis. Cette publication soulignait l’inefficacité, voire l’effet néfaste, de la molécule.

Lire aussi Covid-19 : l’hydroxychloroquine n’a « aucun effet bénéfique » sur les patients hospitalisés, selon l’essai Recovery
Notre sélection d’articles sur le coronavirus

Retrouvez tous nos articles sur le coronavirus dans notre rubrique

Sur l’épidémie

Sur le déconfinement et ses enjeux

Le Monde avec AFP et Reuters

Contribuer

Dans la même rubrique

Services

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.