Un A320 de la compagnie pakistanaise PIA s’est écrasé sur un quartier de Karachi, faisant 97 morts

L’accident survient quelques jours seulement après que le pays a autorisé la reprise des vols commerciaux intérieurs, suspendus pendant plus d’un mois pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

Le Monde avec AFP, AP et Reuters Publié le 22 mai 2020 à 15h08 - Mis à jour le 23 mai 2020 à 17h59

Temps de Lecture 3 min.

Dans le quartier résidentiel où s’est écrasé l’Airbus A320 en provenance de Lahore, à Karachi (Pakistan), le 22 mai.
Dans le quartier résidentiel où s’est écrasé l’Airbus A320 en provenance de Lahore, à Karachi (Pakistan), le 22 mai. FAREED KHAN / AP

Quatre-vingt-dix-sept personnes sont mortes dans le crash, vendredi 22 mai, d’un Airbus A320 sur un quartier résidentiel de Karachi, la grande ville du sud du Pakistan. Ce nouveau bilan rendu public samedi par les autorités locales fait également état de deux survivants parmi les 99 personnes à bord de l’appareil de la compagnie Pakistan International Airlines (PIA). Seules quatre personnes ont été blessées au sol, selon les autorités, après de premiers rapports faisant état de morts parmi les riverains vendredi.

Le vol PK8303 « a perdu le contact avec le contrôle aérien à 14 h 37 (heure locale) », a déclaré le porte-parole de PIA, Abdullah Hafeez. D’après le PDG de la compagnie, Arshad Malik, l’Airbus A320 se trouvait « en approche finale » de l’aéroport de Karachi quand un incident est survenu. Mis en service en 2004, l’appareil n’était sous les couleurs de PIA que depuis 2014, d’après un communiqué d’Airbus.

« La dernière fois que nous avons eu des nouvelles du pilote, il a indiqué qu’il avait un problème technique », a relaté M. Malik dans une vidéo mise en ligne sur Twitter. « On lui a dit (…) que deux pistes étaient prêtes pour l’atterrissage, mais il a décidé de remettre les gaz. » D’après le ministre de l’intérieur, Ijaz Ahmed Shah, le pilote avait indiqué avoir « perdu un moteur » puis lancé « un appel de détresse ».

« Prières et condoléances »

Après que l’avion a heurté le sol, « j’ai repris conscience » et « j’ai vu du feu partout. Personne n’était visible », a témoigné Mohammad Zubair, 24 ans, un des deux survivants du crash, dans une interview de 53 secondes depuis son lit d’hôpital.

« Il y avait des cris d’enfants, d’adultes et de personnes âgées, des cris partout. Tout le monde essayait de survivre. J’ai ouvert ma ceinture de sécurité, j’ai vu de la lumière et j’ai essayé d’aller dans cette direction. Ça a marché. De là, j’ai sauté (hors de l’avion). »

D’après un cadre du ministère de la santé du Sindh, province dont Karachi est la capitale, Mohammad Zubair souffre de brûlures, mais son état est stable. L’autre miraculé est le président de la Bank of Punjab, une des plus importantes banques du pays, Zafar Masud, a précisé le président de PIA.

Evacuation d’un blessé sur les lieux du crash aérien, à Karachi, le 22 mai.
Evacuation d’un blessé sur les lieux du crash aérien, à Karachi, le 22 mai. FAREED KHAN / AP

Le premier ministre, Imran Khan, s’est dit « choqué et attristé » par la catastrophe, adressant sur Twitter ses « prières et condoléances aux familles et aux disparus ».

Selon le ministre des affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, l’avion avait à son bord « beaucoup de gens rentrant chez eux pour l’Aïd » el-Fitr, la célébration de la fin du ramadan, la fête la plus importante pour les musulmans.

L’accident survient quelques jours seulement après que le pays a autorisé la reprise des vols commerciaux intérieurs, suspendus pendant plus d’un mois pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus. De très rares vols internationaux avaient été maintenus.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a adressé ses « prières pour ceux qui sont morts ou ont été blessés et pour leurs familles ». Les Etats-Unis « sont au côté du Pakistan pendant ce moment difficile », a-t-il écrit sur Twitter.

PIA impliquée dans de nombreuses controverses

De fréquents crashs d’avion et d’hélicoptère civils et militaires se sont produits au Pakistan au fil des ans. Le dernier accident aérien d’ampleur dans le pays remonte à décembre 2016. Un avion de la PIA effectuant un vol intérieur s’était écrasé dans le nord montagneux du pays, tuant 47 personnes. En 2010, un Airbus 321 d’une compagnie privée ralliant Karachi à Islamabad s’était écrasé dans les collines peu avant l’atterrissage dans la capitale, tuant les 152 personnes à bord.

L’accident le plus meurtrier impliquant PIA à ce jour s’est produit en 1992. Un de ses A300 était descendu prématurément vers l’aéroport de la capitale népalaise Katmandou et s’était écrasé sur une colline, tuant 167 personnes.

Des équipes de secours aidées par des riverains cherchent les corps des disparus dans les décombres, à Karachi, le 22 mai.
Des équipes de secours aidées par des riverains cherchent les corps des disparus dans les décombres, à Karachi, le 22 mai. FAREED KHAN / AP

PIA était l’une des grandes compagnies aériennes mondiales jusqu’aux années 1970. Mais des années de pertes financières, de mauvaise gestion et de retards ont terni sa réputation.

La compagnie a été impliquée dans de nombreuses controverses, dont l’incarcération d’un pilote ivre en Grande-Bretagne en 2013. Elle a également eu des problèmes pour obtenir les certifications de sécurité de l’Union européenne pour ses vols cargo.

Entre mars et novembre 2007, toute la flotte de PIA sauf huit avions avait été placée sur la liste noire de l’Union européenne.

Le Monde avec AFP, AP et Reuters

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