En Bolivie, le ministre de la santé limogé après 42 jours en poste

En pleine épidémie due au coronavirus, Marcelo Navajos a été arrêté et démis de ses fonctions pour de présumés achats surfacturés de respirateurs à l’Espagne pour malades du Covid-19.

Par Publié le 22 mai 2020 à 19h30 - Mis à jour le 22 mai 2020 à 20h15

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L’ex-ministre bolivien de la santé, Marcelo Navajas (à droite), et le ministre d’Etat  Arturo Murillo (à gauche) lors de la remise de 15 respirateurs à un hôpital de Santa Cruz (Bolivie), le 19 mai.
L’ex-ministre bolivien de la santé, Marcelo Navajas (à droite), et le ministre d’Etat  Arturo Murillo (à gauche) lors de la remise de 15 respirateurs à un hôpital de Santa Cruz (Bolivie), le 19 mai. - / AFP

Le désormais ex-ministre de la santé, Marcelo Navajas, sera resté en poste seulement quarante-deux jours depuis sa prise de fonction en avril. Assez pour provoquer un scandale au sein du gouvernement bolivien.

Arrêté mercredi 20 mai et conduit dans les locaux des forces spéciales de lutte contre le crime de La Paz, il a été démis de ses fonctions quelques heures plus tard par la présidente par intérim Jeanine Añez. Il est soupçonné d’avoir acheté 170 respirateurs artificiels à une entreprise espagnole, pour un surcoût de 3,4 millions de dollars. Le matériel était de plus inadapté aux unités soins intensifs pour lequel il était destiné.

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L’affaire couvait depuis plusieurs jours. Le week-end des 16 et 17 mai, des médecins avaient dénoncé la livraison de matériel non approprié aux services de réanimation alors que leur distribution débutait à travers le pays. Ils ont eu la surprise de découvrir un équipement basique prévu pour les soins intermédiaires. La presse avait ensuite emboîté le pas en début de semaine en révélant une possible surfacturation du matériel. Ces révélations avaient poussé la chef d’Etat à déclarer dès mardi l’ouverture d’une enquête pour présumés faits de corruption.

Les respirateurs en question avaient été achetés en urgence début mai au fabricant espagnol GPA Innova par le biais d’intermédiaires, à un prix de 28 080 dollars l’unité, alors que ce type de matériel coûte en réalité entre 6 540 et 8 000 dollars, selon le catalogue du fabricant. Une différence exorbitante de 20 000 dollars par respirateur. Pour cette opération, l’Etat bolivien devait débourser la somme totale de 4,7 millions de dollars, financés par la Banque interaméricaine de développement. Seule la moitié de la somme a été payée, l’autre moitié restante ayant été immédiatement gelée. Mercredi, la présidente Añez a déclaré sur Twitter avoir ordonné « que pas un centime de plus ne soit versé » pour ces équipements médicaux.

Gouvernement un peu plus fragilisé

L’enquête ouverte par le parquet bolivien devra établir à quel échelon le surcoût a été opéré alors que plusieurs intermédiaires ont pris part à l’opération, parmi lesquels une autre compagnie espagnole, IME Consulting, qui affirme qu’elle allait percevoir seulement 20 % des 4,7 millions de dollars.

Quatre autres personnes ont été arrêtées mercredi. Toutes désignent l’ex-ministre de la santé comme le principal responsable de ce contrat d’achat. Le ministre de la justice a demandé sa détention préventive afin d’éviter toute entrave à l’enquête.

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