Coronavirus : des pays d’Asie se prémunissent contre une deuxième vague de contamination

Des mises en quarantaine strictes sont appliquées dans la plupart des pays du continent pour leurs ressortissants ou leurs résidents revenus de l’étranger.

Par et Publié le 04 avril 2020 à 03h28 - Mis à jour le 04 avril 2020 à 11h09

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Une équipe du service d’enregistrement des passagers arrivant en gare de Wuhan. Leur température est prise, l’historique de leurs voyages récents analysés via une application téléphonique, ils sont ensuite dirigés vers le service d’acueil de leur district. Wuhan (Hubei), le 3 avril
Une équipe du service d’enregistrement des passagers arrivant en gare de Wuhan. Leur température est prise, l’historique de leurs voyages récents analysés via une application téléphonique, ils sont ensuite dirigés vers le service d’acueil de leur district. Wuhan (Hubei), le 3 avril GILLES SABRIE POUR "LE MONDE"

Les diplomates étrangers basés en Chine mais actuellement en dehors du pays ont été encouragés par le ministère chinois des affaires étrangères à ne pas reprendre leur poste avant… le 15 mai. « Les diplomates ont l’immunité, mais pas contre le virus », s’est permis de plaisanter la porte-parole Hua Chunying, vendredi 3 avril, signalant qu’il y avait eu plusieurs cas dans les chancelleries.

Pékin a déjà fermé le pays aux étrangers qui avaient un visa permanent la semaine dernière. La Chine, comme la plupart des pays asiatiques, ne veut pas prendre de risque avec ce que leurs experts ont appelé la deuxième vague d’infections : celle en provenance des nouveaux épicentres que sont l’Europe et les Etats-Unis. C’est de la maîtrise des flux entrants que dépend en partie le retour à la normale en Chine – et le déconfinement progressif de la ville de Wuhan (province du Hubei) à partir du 8 avril.

Lire aussi Coronavirus : à Wuhan, confinement et isolement des malades ont permis d’endiguer l’épidémie

En Asie, les pays qui ont su maîtriser l’épidémie – Taïwan, Hongkong, Singapour, la Corée du Sud – sont très soucieux de ne pas « importer » de nouveaux cas.

La question se posera pour les pays européens : si les frontières sont fermées, le retour sur le territoire de leurs ressortissants ou de résidents bloqués à l’étranger peut favoriser de nouveaux départs de feu. Sur les 130 000 Français qui se déclaraient bloqués à l’étranger, 110 000 ont été rapatriés, a indiqué, le 29 mars, le Quai d’Orsay. Or, aucun protocole de suivi n’est appliqué à leur arrivée en France : seul un dispositif d’information des voyageurs a été mis en place pour « rappeler les consignes sanitaires pour se protéger du virus et les bons réflexes à adopter en cas de contamination ».

Protocoles très stricts

Les pays asiatiques ont, eux, établi des protocoles très stricts pour les retours au pays de leurs ressortissants et de leurs résidents. « A Taïwan, ce contrôle [des retours] était d’autant plus important qu’il n’y a pas eu d’épidémie locale à proprement parler : 86 % des 339 cas de Covid-19 déclarés à la date du 2 avril sont des cas importés. Il n’y a que 48 cas d’infections à Taïwan, dont la moitié était due à des contacts avec des cas importés », explique Fang Chi-tai, professeur d’épidémiologie et de médecine préventive à l’Université nationale de Taïwan.

Le pays, qui est un de ceux qui ont le mieux géré la crise grâce à des mesures de prévention prises très tôt, a mis en place une quarantaine stricte, ce qui permet à la majorité de la population de vivre normalement : tous les commerces et les restaurants sont ouverts, ainsi que les écoles. Les candidats au retour remplissent un formulaire en ligne avant leur départ. A leur arrivée à l’aéroport, ils sont accueillis par le personnel de quarantaine. Il leur est signifié qu’ils ne devront en aucun cas sortir de chez eux durant quatorze jours – sous peine d’environ 3 000 euros d’amende s’ils s’aventurent à moins de 100 mètres de leur domicile, et de 30 000 euros d’amende si c’est davantage.

Il vous reste 51.11% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.