En Espagne, l’armée en première ligne pour lutter contre la pandémie due au coronavirus

Les militaires sont présents dans toutes les régions pour transporter les morts, bâtir des hôpitaux de campagne ou désinfecter des bâtiments.

Par Publié le 02 avril 2020 à 10h11 - Mis à jour le 03 avril 2020 à 06h39

Temps de Lecture 5 min.

Article réservé aux abonnés

Des soldats désinfectent un hôpital, le 31 mars à Sabadell, près de Barcelone.
Des soldats désinfectent un hôpital, le 31 mars à Sabadell, près de Barcelone. FELIPE DANA / AP

L’image a fait le tour du royaume : deux militaires en tenue encadrent une vieille dame, courbée par les années, appuyée sur une canne… et dont ils portent les courses. C’était le 18 mars dans la ville de Gijon, dans les Asturies, au nord de l’Espagne.

Sur les réseaux sociaux, les uns ont applaudi l’empathie des soldats, les autres se sont moqués de ce rôle insignifiant. Puis il a bien fallu que tous se rendent compte que, depuis que le gouvernement a déclaré l’état d’alerte le 14 mars, l’armée est sur tous les fronts pour lutter contre la pandémie de Covid-19 qui frappe très durement le pays.

Le dernier bilan, jeudi 2 avril, fait état de plus de 110 000 cas confirmés et 10 003 morts, soit une hausse de 950 décès en vingt-quatre heures.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : l’Espagne durcit encore le confinement, sur fond de zizanie politique incessante

Les militaires, qui jouissaient déjà d’une bonne image en Espagne, ont participé à la construction de l’impressionnant hôpital de campagne installé dans le palais des expositions de Madrid, l’Ifema, où se trouvent près d’un millier de malades. Mais aussi au montage d’une quinzaine d’autres structures dans toute le pays, y compris en Catalogne, malgré les réticences initiales des autorités régionales indépendantistes.

Ils ont désinfecté au Kärcher près de 1 700 maisons de retraite, submergées par l’épidémie, et découvert à cette occasion des personnes âgées, abandonnées, gisant mortes sur leur lit. Mais ils ont aussi assaini 500 hôpitaux et centres de santé, 250 stations de train et de métro, une vingtaine de ports et une soixantaine d’aéroports, et continuent chaque jour.

Des membres de l’Unité militaire d’urgence (UME), le 23 mars, à la patinoire du Palacio de Hielo de Madrid, transformée en morgue temporaire.
Des membres de l’Unité militaire d’urgence (UME), le 23 mars, à la patinoire du Palacio de Hielo de Madrid, transformée en morgue temporaire. PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Tous les soirs, ils évacuent les corps depuis les morgues jusqu’à la patinoire du Palacio de Hielo de Madrid où les cercueils sont entreposés sur la glace, le temps que viennent les chercher les services funéraires débordés. Et dans le Centre de pharmacie militaire de Colmenar Viejo, dans la grande banlieue de la capitale, ils fabriquent du gel hydroalcoolique et du paracétamol pour approvisionner les hôpitaux.

Calmer la colère des personnels soignants

« Actuellement, 7 159 militaires sont déployés dans 223 municipalités », a résumé mercredi 1er avril le chef de l’état-major de la défense, le général Miguel Angel Villarroya, qui chaque jour, à midi, paraît aux côtés des représentants des ministères de la santé, de l’équipement et de l’intérieur pour rendre compte de l’avancée de l’épidémie en Espagne.

Cette mobilisation de l’armée porte un nom : l’opération Balmis, en référence au chirurgien militaire Francisco Javier Balmis, qui mena en 1803 une campagne de vaccination contre la variole dans tout l’Empire espagnol et jusqu’aux Philippines.

Il vous reste 59.83% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.