Coronavirus : Bruxelles apprend à gérer ses nouvelles frontières

La présidente Ursula von der Leyen a annoncé qu’elle allait proposer « une restriction temporaire » à l’entrée dans l’UE. Et défend le maintien du marché intérieur, pour éviter les risques de pénuries, alors que plusieurs pays ont fermé leurs frontières.

Par et Publié le 17 mars 2020 à 03h08 - Mis à jour le 10 avril 2020 à 15h48

Temps de Lecture 5 min.

Article réservé aux abonnés

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’apprête à s’adresser à une salle presque vide, à Bruxelles, le 16 mars.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’apprête à s’adresser à une salle presque vide, à Bruxelles, le 16 mars. OLIVIER MATTHYS / AP

Limiter la contagion du virus SARS-CoV-2 sans pour autant menacer l’intégrité du marché intérieur, qui est l’une des clés de voûte de la construction communautaire : tel est aujourd’hui le défi auquel l’Union européenne (UE) est confrontée et qui la force à concevoir d’une manière radicalement nouvelle la question de ses frontières, extérieures comme intérieures.

Lundi 16 mars, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission de Bruxelles, a annoncé qu’elle allait proposer aux Etats membres « une restriction temporaire, d’une durée initiale de trente jours, prolongeable si besoin, sur les voyages non essentiels à destination de l’UE ». Elle avait parlé dans la matinée, par visioconférence, de cette fermeture, aux visiteurs étrangers avec le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil européen, Charles Michel, avant d’informer le G7. Paris avait mis le sujet sur la table il y a plusieurs jours déjà.

Lire aussi Coronavirus : l’OMS parle de « crise sanitaire mondiale majeure de notre époque » pendant que l’Europe se barricade

Objectif : empêcher la propagation du virus, mais aussi limiter, autant que possible, la pression sur les systèmes de soins européens, mis à rude épreuve par la pandémie.

Il s’agit donc de fermer temporairement, dès mardi midi, les frontières de l’Europe, élargies aux quatre pays non membres de l’UE qui ont adhéré à l’espace Schengen, c’est-à-dire la Suisse, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège. Elles englobent aussi le Royaume-Uni, puisque les discussions entre Londres et Bruxelles sur la relation future ont à peine commencé et que la Grande-Bretagne fait encore partie de l’UE, jusqu’au 31 décembre au moins.

Portes closes pendant au moins un mois

Cela tombe bien, le gouvernement britannique semble désormais décidé à se montrer un peu moins désinvolte que ces derniers jours quant à la manière dont il souhaite gérer l’épidémie. Il expliquait jusqu’ici que plus le virus se propagerait, plus une part importante de la population serait immunisée.

La fermeture des frontières de l’UE ne concernera pas les citoyens européens et leur famille souhaitant rentrer chez eux, les résidents permanents, les travailleurs transfrontaliers ou les diplomates. Les personnels de santé – médecins, infirmiers –, les chercheurs ou les experts de la santé continueront également à avoir accès à l’UE, sans restriction. Le flux de camions transportant des marchandises doit aussi se poursuivre, a insisté Mme von der Leyen. Et les Européens qui voudraient quitter le continent pourront le faire.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : l’immunité de groupe, un pari risqué

Les Vingt-Sept devaient se prononcer, mardi 17 mars, sur l’initiative de la Commission, lors d’une réunion extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement, organisée par visioconférence. « J’en ai discuté avec la majorité des Etats membres, qui soutiennent cette initiative », affirme la présidente de la Commission, qui affirmait ne pas douter que sa proposition serait validée par les capitales. Y compris certaines qui, à l’Est, paraissaient rechigner et disaient être mises devant le fait accompli. Le Portugal, qui a un accord spécifique avec le Brésil, demandera sans doute à ce que ce dernier puisse être respecté. Cela ne devrait pas poser de problème majeur.

Il vous reste 53.5% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.