L’Allemagne veut tout faire pour empêcher une nouvelle vague migratoire

La fermeté désormais affichée par le gouvernement d’Angela Merkel, cinq ans après la « crise des réfugiés », divise l’opinion.

Par et Publié le 07 mars 2020 à 11h47 - Mis à jour le 08 mars 2020 à 05h22

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

La chancelière allemande Angela Merkel, lors d’une réunion avec les dirigeants des associations de migrants à Berlin, en Allemagne, le 2 mars.
La chancelière allemande Angela Merkel, lors d’une réunion avec les dirigeants des associations de migrants à Berlin, en Allemagne, le 2 mars. MARKUS SCHREIBER / AP

Les migrants sont prévenus : « N’allez pas à la frontière [gréco-turque]. La frontière n’est pas ouverte », a averti Josep Borrell, le haut représentant de l’Union européenne (UE) pour les affaires extérieures, vendredi 6 mars, à Zagreb (Croatie).

Une semaine après que la Turquie a annoncé que ses frontières vers l’Europe étaient accessibles, provoquant un afflux de migrants aux portes de la Grèce, le chef de la diplomatie européenne a adressé un « message clair » à ceux qui se sentiraient encouragés par la décision d’Ankara.

« Evitez une situation dans laquelle vous pourriez être en danger. Evitez une escalade de la crise. Evitez de vous déplacer vers une porte fermée. Et ne dites pas aux gens qu’ils peuvent y aller car ce n’est pas vrai », a martelé M. Borrell à l’issue d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE dans la capitale croate.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En se disant prêt à accueillir des migrants, le maire d’Innsbruck crée la polémique en Autriche

Tout faire pour empêcher une nouvelle vague migratoire : sur ce point, les vingt-sept Etats membres de l’UE sont d’accord, à commencer par l’Allemagne.

Eviter à tout prix que l’histoire se répète

Cinq ans après la « crise des réfugiés » de 2015, année durant laquelle 890 000 demandeurs d’asile sont arrivés outre-Rhin, Angela Merkel veut éviter à tout prix que l’histoire se répète. Politiquement fragilisée par sa décision d’alors, de ne pas fermer les frontières de son pays aux réfugiés venus du Proche-Orient via la route des Balkans, la chancelière allemande défend aujourd’hui une position d’une extrême fermeté.

« Les frontières de l’Europe ne sont pas ouvertes aux réfugiés de Turquie, et cela vaut aussi pour nos frontières allemandes », a tweeté, mercredi, le ministère allemand de l’intérieur. Le message a été posté en quatre langues : allemand, anglais, arabe et farsi.

Très discrète sur ce sujet au cours des derniers jours, Mme Merkel a laissé en première ligne son ministre de l’intérieur, le conservateur Horst Seehofer (CSU). Tout un symbole : en 2015, M. Seehofer, alors ministre-président du Land de Bavière, avait vertement critiqué la politique d’accueil de la chancelière.

Depuis, les deux dirigeants se sont plusieurs fois affrontés sur les questions migratoires, au point que M. Seehofer a failli quitter le gouvernement fédéral, en juin 2018, trois mois après son arrivée au ministère de l’intérieur.

« Un risque démocratique »

La hache de guerre est enterrée. Cette semaine, Mme Merkel et M. Seehofer ont pris soin, à plusieurs reprises, d’afficher leur complicité en public. Et quand des journalistes ont demandé au ministre de l’intérieur, mardi soir, s’il était désormais « 100 % d’accord » avec la chancelière sur la question des migrants, celui-ci a répondu : « Oui, absolument. »

Il vous reste 57.69% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.