A Idlib, les frappes turques permettent aux rebelles de contre-attaquer

Les forces d’Assad perdent du terrain alors que la Russie, protectrice du régime, reste en retrait depuis jeudi.

Par Publié le 02 mars 2020 à 11h25

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Comme un boomerang, l’attaque aérienne qui a causé la mort de trente-trois soldats turcs, jeudi 27 février, dans la province d’Idlib, se retourne contre le camp loyaliste. Non seulement les représailles d’Ankara ont infligé de très lourdes pertes, humaines et matérielles, à l’armée syrienne et à ses supplétifs, mais elles ont permis aux rebelles anti-Assad, qui avaient perdu beaucoup de terrain ces dernières semaines dans leur dernier réduit, de repartir à l’offensive. Cette contre-attaque bénéficie pour l’instant du feu vert implicite de la Russie, protectrice du régime Assad et arbitre du chaos syrien, dont l’aviation est restée en retrait depuis jeudi.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Turquie : la double offensive du président Recep Tayyip Erdogan

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, la pluie de missiles lâchés par les batteries d’artillerie et les drones turcs sur les positions progouvernementales ont fait plus d’une centaine de morts en trois jours. Parmi ces victimes figurent vingt et un miliciens chiites pro-iraniens, membres des brigades Zeinabiyoun et Fatemiyoun, composées respectivement de Pakistanais et d’Afghans. Ces hommes ont été enterrés dimanche, en Iran.

La milice libanaise Hezbollah, autre béquille des forces régulières syriennes, de retour sur le champ de bataille après plusieurs mois d’éclipse, a perdu pour sa part au moins douze combattants. Il s’agit d’une des journées les plus sanglantes pour le mouvement, depuis son déploiement en Syrie, en soutien des troupes régulières, en 2012. Les funérailles de ces hommes ont donné lieu à un vaste rassemblement de militants et de sympathisants du parti de Dieu, dimanche, dans la banlieue chiite de Beyrouth.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La stratégie du président turc Erdogan en échec en Syrie

« Des centaines de positions, de blindés et d’installations de l’armée syriennes ont été touchées avec succès, a commenté, sur Twitter, Danny Makki, un analyste syrien indépendant. C’est une catastrophe pour l’armée syrienne, qui a démontré une incapacité complète à contrer les drones trucs et qui paraît maintenant paralysée à Idlib. » Dimanche, une colonne de blindés, envoyée en renfort vers le champ de bataille, a été notamment anéantie par des tirs provenant d’avions sans pilote turcs. Dix-neuf soldats syriens ont péri dans les explosions.

Funérailles, dans la banlieue sud de Beyrouth (Liban), le 1er mars, de combattants du Hezbollah tués dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie.
Funérailles, dans la banlieue sud de Beyrouth (Liban), le 1er mars, de combattants du Hezbollah tués dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Hassan Ammar / AP

Violents troubles

« Nous sommes obligés de dissimuler les véhicules militaires et de réduire au strict minimum les déplacements sur les lignes de front, témoigne le journaliste russe Evgeni Poddubnii, de la chaîne Russia24, embarqué dans la région d’Idlib avec les troupes russes. Les drones turcs travaillent jour et nuit. Tout est devenu plus dur. A moins que le ciel soit débarrassé de ces drones, il sera difficile pour l’armée syrienne de tenir le terrain », ajoute l’envoyé spécial, dans une vidéo postée sur la messagerie Telegram.

Il vous reste 39.19% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.