Bachar Al-Assad s’engage à poursuivre l’offensive en Syrie

« La violence dans le nord-ouest de la Syrie est aveugle », déplore le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires Mark Lowcock.

Le Monde avec AFP Publié le 18 février 2020 à 06h47 - Mis à jour le 18 février 2020 à 13h33

Temps de Lecture 3 min.

Les forces syriennes dans la région d’al-Lirmoun, au nord d’Alep, lundi 17 février 2020.
Les forces syriennes dans la région d’al-Lirmoun, au nord d’Alep, lundi 17 février 2020. LOUAI BESHARA / AFP

Porté par la reconquête de territoires et malgré les oppositions de la communauté internationale, Bachar Al-Assad ne compte pas mettre un terme à son offensive. Le président syrien s’est engagé lundi 17 février à poursuivre son avancée dans le nord-ouest du pays pour « libérer » l’ultime grand bastion tenu par les djihadistes et les rebelles.

Ses déclarations lors d’une allocution télévisée interviennent alors que les Nations unies (ONU) réitèrent leurs appels pour un cessez-le-feu dans la région d’Idlib et les territoires attenants, meurtris par les combats et les frappes aériennes.

Couloirs humanitaires

Depuis décembre, près de 900 000 personnes, en vaste majorité des femmes et des enfants, ont été déplacées, selon un nouveau bilan de l’ONU. « Ils sont traumatisés et forcés de dormir dehors par des températures glaciales car les camps (de déplacés) sont pleins. Les mères brûlent du plastique afin de réchauffer les enfants. Des bébés et de jeunes enfants meurent à cause du froid », s’est insurgé lundi dans un communiqué le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires Mark Lowcock. « La violence dans le nord-ouest de la Syrie est aveugle », a-t-il regretté, réclamant un cessez-le-feu, « seule option » selon lui.

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a de son côté exprimé mardi son « horreur » face aux violences dans le nord-ouest syrien et réclamé la mise en place de « couloirs humanitaires ». Michelle Bachelet appelle dans un communiqué le gouvernement syrien et ses alliés, qui mènent depuis décembre une offensive dans l’ultime grand bastion tenu par les jihadistes et les rebelles, « à autoriser les couloirs humanitaires » et à faciliter le « passage des civils en toute sécurité ».

« La bataille pour la libération des provinces d’Alep et d’Idlib se poursuit, indépendamment des discours criards vides qui viennent du nord », a lancé lundi le président Assad, en allusion aux avertissements répétés de la Turquie voisine. Les forces gouvernementales ont reconquis dimanche la ceinture de localités entourant la métropole d’Alep, repoussant ainsi djihadistes et rebelles qui tiraient des roquettes sur la deuxième ville de Syrie. 

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Ces derniers jours, les troupes de Damas ont aussi pris le contrôle de tronçons d’une autoroute reliant Alep à la capitale. Elles poursuivent depuis décembre leur offensive dans le nord-ouest, appuyées par l’aviation de l’indéfectible allié russe.

Plus de 380 civils ont péri depuis la mi-décembre dans les violences, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Et même si la métropole d’Alep a été reprise dans son intégralité fin 2016 par le pouvoir, des centaines de civils ont péri depuis cette date dans les tirs de roquettes et d’obus des djihadistes et des rebelles, d’après l’Observatoire.

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Ce sont les djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) qui dominent plus de la moitié de la province d’Idlib et des secteurs attenants dans celles d’Alep, de Hama et de Lattaquié. Ces territoires accueillent aussi d’autres groupuscules djihadistes, mais aussi des factions rebelles.

Tensions entre Damas et Ankara

Pour des experts, malgré la détermination du régime à reconquérir l’intégralité du bastion d’Idlib, djihadistes et rebelles pourraient préserver une partie de la province, si la Turquie voisine reste déterminée à entraver l’avancée du régime. Ankara, qui soutient des groupes rebelles, maintient des troupes dans le nord-ouest syrien et y a envoyé des renforts ces derniers jours. Accueillant déjà plus de 3,5 millions de réfugiés, la Turquie craint que l’offensive de Damas ne provoque un nouvel afflux de population vers sa frontière fermée.

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Illustrant les tensions entre Damas et Ankara, des affrontements d’une violence inédite ont opposé début février les soldats turcs aux forces syriennes dans le nord-ouest. Ces dernières années, le pouvoir de Damas a multiplié les victoires jusqu’à reprendre le contrôle de plus de 70 % de la Syrie. Déclenchée en mars 2011 avec la répression de manifestations pacifiques, la guerre en Syrie a fait plus de 380 000 morts.

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Le Monde avec AFP

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