« J’ai un problème avec certains des tweets » de Donald Trump : l’aveu du ministre de la justice américain, William Barr

Le responsable fédéral a dit que certaines prises de position du milliardaire républicain sur le réseau social compliquaient sa mission.

Le Monde avec AFP Publié le 14 février 2020 à 02h18 - Mis à jour le 14 février 2020 à 08h37

Temps de Lecture 2 min.

Le ministre américain de la justice, William Barr, le 13 janvier, à Pensacola (Floride).
Le ministre américain de la justice, William Barr, le 13 janvier, à Pensacola (Floride). ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Soucieux d’apaiser la violente polémique qui secoue Washington, le ministre américain de la justice, William Barr, a juré, jeudi 13 février, qu’il ne recevait d’ordre de personne, mais il a déploré que les tweets de Donald Trump rendent son travail « impossible ». « J’ai un problème avec certains des tweets », a-t-il euphémisé.

Sur la défensive depuis la révision à la baisse des recommandations de peine à l’encontre de Roger Stone, un ami du président, M. Barr, qui est régulièrement couvert d’éloges par le locataire de la Maison Blanche, a tenté dans un entretien accordé à la chaîne ABC de reprendre la main :

« Je me félicite que le président ne m’ait jamais demandé d’intervenir en quoi que ce soit dans une affaire pénale. »

« Je pense qu’il est temps d’arrêter de tweeter sur les affaires dont le ministère de la justice a la charge », a-t-il dit, assurant que certaines prises de position du milliardaire républicain sur le réseau social compliquaient sa mission. Les propos de M. Barr sur les tweets de @realDonaldTrump ont surpris tant il a multiplié, depuis sa nomination, les prises de position interprétées comme favorables au président.

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« Le président pas gêné par ces commentaires »

Rapidement, la Maison Blanche a tenu à faire savoir qu’il n’existait aucun désaccord entre les deux hommes. « Le président n’a pas été gêné du tout par ces commentaires et a le droit, comme tout autre citoyen américain, de partager publiquement ses opinions », a réagi Stephanie Grisham, porte-parole de la Maison Blanche. M. Trump « utilise les réseaux sociaux de façon extrêmement efficace pour se battre pour les Américains contre les injustices dans notre pays », a-t-elle ajouté, précisant qu’il faisait pleinement confiance à William Barr pour « faire son travail et faire respecter la loi ».

Roger Stone, qui a conseillé Donald Trump avant et pendant sa campagne, a été reconnu coupable en novembre 2019 de mensonge au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection américaine de 2016.

Les quatre procureurs chargés du dossier avaient initialement requis entre sept ans et neuf ans de prison à son encontre, mais le ministère les a déjugés en demandant une peine « bien moindre » au nom des « intérêts de la justice ». Entre-temps, sans qu’il soit possible d’établir avec certitude un lien de cause à effet, Donald Trump avait dénoncé dans un tweet une « situation très injuste » et une « erreur judiciaire ».

Aaron Zelinsky, Jonathan Kravis, Adam Jed et Michael Marando, les quatre procureurs qui avaient requis les peines initiales, ont depuis signifié leur retrait de l’affaire Stone dans une motion transmise au juge.

L’opposition a immédiatement dénoncé une ingérence politique dans ce dossier judiciaire et a même évoqué un possible « abus de pouvoir ». La chef des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a dénoncé une décision « scandaleuse » de l’administration Trump qui « affecte l’Etat de droit ».

Le ministère de la justice a affirmé que sa décision avait été prise avant le tweet de Donald Trump. La peine de Roger Stone doit être annoncée le 20 février par un juge fédéral.

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