La Grèce durcit encore sa politique migratoire avec un projet de mur flottant en mer Egée

Face à une situation de plus en plus tendue, le gouvernement multiplie les effets d’annonce : barrière flottante, accélération des renvois en Turquie, camps fermés…

Par Publié le 13 février 2020 à 12h04 - Mis à jour le 17 février 2020 à 08h05

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Au printemps, un mur flottant long de 3 kilomètres et haut de 1 mètre pourrait s’ériger au large de l’île de Lesbos. « Tous les moyens sont bons pour aider à protéger les frontières de la Grèce et de l’Europe », a expliqué le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, justifiant le durcissement de la politique migratoire de la Grèce.

Depuis son élection, en juillet 2019, le premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, a durci la politique migratoire grecque : 400 patrouilleurs supplémentaires ont été déployés au large des îles voisines avec la Turquie, une nouvelle loi sur le droit d’asile a été votée, permettant notamment d’augmenter les durées de détention permises pour les demandeurs d’asile et d’accélérer les renvois vers la Turquie des candidats déboutés, tandis que l’accès à la santé des réfugiés a été rendu plus difficile…

Plus de 41 000 demandeurs d’asile se trouvent actuellement dans des camps conçus pour accueillir 6 200 personnes

Pour la première fois depuis 2016, la Grèce est redevenue, en 2019, la principale porte d’entrée des migrants en Europe. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 41 000 demandeurs d’asile se trouvent actuellement sur les îles du nord de la mer Egée (Lesbos, Samos, Chios, Kos, Leros) dans des camps conçus pour accueillir 6 200 personnes. « A l’été 2019, moins de 7 000 personnes se trouvaient dans le centre de réception de Moria, à Lesbos, désormais ils sont plus de 20 000. C’est une bombe à retardement, les conditions sanitaires sont déplorables, les bagarres entre migrants se multiplient et l’hostilité des locaux ne fait que grandir », constate Epaminondas Farmakis, le directeur de l’ONG HumanRights360.

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Pris de court par cette situation explosive, le gouvernement grec a lancé un appel d’offres publié par le ministère de la défense, le 29 janvier, pour un « système de protection flottant » d’une « longueur de 2,7 kilomètres » et d’une « hauteur de 1,10 mètre » (dont 50 centimètres au-dessus du niveau de la mer), équipé de feux clignotants, afin de « gérer le flux migratoire qui ne cesse d’augmenter ». Cette barrière flottante serait installée au nord de l’île de Lesbos où débarquent désormais le plus grand nombre de réfugiés dans le pays.

Vives réactions de la part des ONG et de l’opposition

Le budget total comprenant conception, installation et maintenance pour quatre ans est de 500 000 euros, sans financement européen. En 2012, la Grèce avait déjà érigé un mur d’environ 12 kilomètres de long sur la frontière terrestre avec la Turquie, dans la région de l’Evros. Les passeurs avaient alors redirigé les migrants vers les îles de la mer Egée – le pic d’arrivées, lorsque plus de 875 000 migrants ont traversé la Grèce, a été constaté en 2015.

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