ANNE-GAËLLE AMIOT

Neom, le rêve hollywoodien de Mohammed Ben Salman pour l’Arabie saoudite

Par et

Publié le 10 février 2020 à 03h19 - Mis à jour le 10 février 2020 à 20h37

Au Ritz-Carlton de Riyad, c’est jour d’avant-première. En ce 24 octobre 2017, Mohammed Ben Salman, alias « MBS », inaugure le « Davos du désert ». Entre autres célébrités, Tony Blair, Nicolas Sarkozy ou Christine Lagarde ont répondu à l’invitation du prince saoudien. Le jeune héritier profite de la conférence pour dévoiler un projet titanesque : il s’apprête à faire ériger une mégalopole au nord-ouest du pays. Une bande-annonce est diffusée, comme au cinéma. On y voit beaucoup d’écrans tactiles, des familles ostensiblement heureuses, une palanquée de panneaux solaires, des éoliennes en rafale.

De cette cité mystère, on ne sait alors pas grand-chose. Son nom, Neom, semble celui d’un super-héros – il s’agit en fait de l’association du grec neo (« nouveau ») et de l’arabe mostaqbal (« futur »). Sa superficie ? Pas moins de 26 500 km2 – soit vingt fois la taille de Los Angeles –, entre la mer Rouge et la Jordanie. Le budget ? Cinq cents milliards de dollars. La date de sortie attise, elle aussi, le teasing : livraison prévue dès 2025. Quant au synopsis, il tient en quelques lignes : Neom s’inscrit dans le plan de développement qu’a imaginé « MBS » pour l’Arabie saoudite, intitulé « Vision 2030 ». L’objectif est d’affranchir le pays de la rente pétrolière et de diversifier son économie, en pariant sur le tourisme. Un scénario que déclinent plusieurs sites distincts : Al-Ula mise sur l’archéologie, Qiddiya sur les loisirs familiaux… Autrement spectaculaire, Neom se tourne vers les nouvelles technologies. Avec l’ambition, selon une note confidentielle, de devenir la mégalopole « la plus vivable qui soit, grâce aux plus grands talents de ce monde ».

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De fait, un casting de haut standing est rapidement constitué. Au générique du conseil scientifique de Neom, les stars abondent : l’architecte Norman Foster, le designer d’Apple Jonathan Ive, le fondateur d’Uber, Travis Kalanick, l’ancien secrétaire américain à l’énergie Ernest Moniz ou l’ex-vice-présidente de la Commission européenne Neelie Kroes en font partie. L’Allemand Klaus Kleinfeld, passé par la direction d’Alcoa et de Siemens, préside le projet ; il est assisté d’Antoni Vives, adjoint au logement du maire de Barcelone entre 2011 et 2015. Tous sont séduits par la green tech que fait miroiter cette « Mecque pour robots », ainsi que l’a définie le Washington Times en octobre 2017.

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