Trois jours après le Brexit, Londres et Bruxelles sont déjà prêts à la confrontation sur leur relation future

« Il n’y a pas de raison qu’un accord de libre-échange implique d’accepter les règles européennes », a assuré Boris Johnson pour son premier grand discours depuis que le Royaume-Uni a quitté l’UE.

Par et Publié le 04 février 2020 à 03h54 - Mis à jour le 04 février 2020 à 16h32

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Michel Barnier lors d’une conférence de presse au sujet du Brexit, au siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 3 février.
Michel Barnier lors d’une conférence de presse au sujet du Brexit, au siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 3 février. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Les discussions ont à peine commencé entre Londres et Bruxelles sur la relation future entre Royaume-Uni et Union européenne (UE), mais les visions des deux parties semblent déjà inconciliables. C’est en tout cas ce qu’il apparaissait à écouter, lundi 3 février, Boris Johnson prononcer son premier grand discours d’après-Brexit pendant que Michel Barnier présentait, à Bruxelles, les termes du projet de mandat préparé par la Commission pour négocier avec Londres.

Le premier ministre britannique a insisté sur le fait qu’il souhaite un « accord de libre-échange » du type Canada (sur le modèle de celui signé entre Ottawa et Bruxelles en 2016). Mais, a-t-il ajouté, « il n’y a pas de raison qu’un accord de libre-échange implique d’accepter les règles européennes sur la concurrence, les aides d’Etat, la protection sociale, l’environnement, pas plus que l’UE serait contrainte d’accepter les règles britanniques ».

Le négociateur en chef de l’Union européenne, lui, offre à son ex-partenaire un « accord commercial très ambitieux », sans droits de douane et sans quotas sur les biens échangés avec le continent. Le Français a également prévenu que l’UE n’accepterait pas de voir émerger une économie dérégulée à sa porte, qui profiterait « d’avantages concurrentiels déloyaux ».

Aujourd’hui, le Royaume-Uni respecte toutes les normes et les standards européens, puisqu’il était encore membre de l’Union européenne il y a moins d’une semaine. « C’est la première fois où il ne s’agit pas d’encourager la convergence, mais de maîtriser la divergence », a développé M. Barnier, en comparant la négociation qui s’engage avec celles qui ont pu avoir lieu dans le cadre de la soixantaine d’accords commerciaux de l’Europe avec des pays tiers.

« Un concurrent à notre porte »

Autre différence majeure, comme l’a dit la chancelière allemande Angela Merkel, le Royaume-Uni est « un concurrent à notre porte », quand les autres pays avec lesquels l’UE a conclu des traités sont bien plus lointains et ont bien moins besoin du Vieux Continent pour faire tourner leur économie. 47 % des exportations britanniques sont à destination de l’UE.

Dans ce contexte, M. Barnier a été très clair : pas question de laisser Londres prendre ses aises avec les normes sanitaires, environnementales ou de droit de la concurrence. « Au sujet des aides d’Etat ou de tout ce qui touche à la transition climatique, par exemple, il faut une convergence absolue et dans le temps entre l’Europe et le Royaume-Uni », explique Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat aux affaires européennes. M. Barnier a également évoqué la nécessité de s’entendre avec les Britanniques sur un mécanisme de règlement des différends, qui, dès lors que le droit européen serait concerné, passerait par la Cour de justice européenne.

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